L'illustration du cockpit de F/A-18E fait 53cm x 68cm. Pour l'impression elle sera réduite (au max) de 10%. Je pousse très fort le crayonné mais localement, par petits morceaux. Pousser tout le crayonné en une fois signifie que l'on va l'affaiblir en passant et repassant dessus à l'encrage. Vous me direz que je pourrais mettre un sous-main, une feuille pour protéger... Oui, mais je n'aime pas ça. Quand je travaillais chez Graton, c'était obligatoire! Un peu comme mettre une serviette autour du cou pour manger sa soupe!
Je n'ai jamais eu de problème de valeur entre les différentes parties encrées séparement. En finale, je regarde si tout est bien balancé et j'ajoute quelques petites lignes ici et là pour rétablir si nécessaire.
Supprimer des lignes, c'est une autre affaire... J'emploie une lame de rasoir (vieux style) et je gratte délicatement. Ici ce sera une affaire de qualité de papier. Franquin m'avait converti au Schoeller Parole, un superbe papier qui acceptait le grattage sans boire l'encre après. Aux US, je ne le trouve pas. Il y a un bien le Strathmore mais on est loin du compte si on le compare au Schoeller Parole.
Au delà du grattage, il faut opérer une "chirurgie esthétique". Je vous expliquerai dans un prochain message la manière "Franquin" d'opérer.
J'emploie le Rotring / Rapidograph / Isograph / Koh-I-Noor... Tout ça c'est du pareil au même et parfois interchangeable quant il s'agit des composants. L'Isograph est supposé avoir une tête plus facile à nettoyer mais je ne suis pas de cet avis. Ces stylos ne supportent pas l'indifférence! Tu les laisses deux jours sans travail et ils se vengent en sèchant pratiquement tout de suite (Les petits diamètres en tous cas). Et le nettoyage, ce n'est pas de la tarte, tout comme le remplissage des réservoirs. Alors là, avant de remplir, on fait sortir femme et enfants, on couvre tout ce qui peut-être couvert, on met un vieux t-shirt et un vieux jeans. Il ya bien sur les cartouches, pour certains modèles plus récents, mais elles coûtent cher et il faut de toute façon nettoyer la tête aussi et ce n'est pas une mince affaire. La tête seule coûte 20 dollars (16 euros).
Mais, dans mon cas, je ne pourrais pas me passer de cet instrument. J'avais commencé mes cockpits (avant votre naissance!) avec une plume Sommerville (recommandée par Franquin) mais c'était la galère! J'ai découvert le Rotring (et tous ses défauts) avec joie!
Pour les lignes parallèles j'avais cru que la latte à cylindre rotatif allait me faciliter les choses... Que dalle! Si tu traces vingt lignes, sur un plan, c'est
bien mais si tu en traces dix mille cette "contraption" (comme on dit ici) est plus encombrante qu'autre chose. Les enfants et petits-enfants s'en sont servi pour en faire un imaginaire bulldozer!
Quant à la durée de réalisation, si je passe 6 mois sur un dessin c'est aussi parce que j'en mène plusieurs de front. J'ai un cockpit de 777 "sur le gaz" ainsi qu'un Hawker Hurricane. Il faut en mener plusieurs de front car se fixer sur un sujet, jour après jour, c'est décourageant. Il faut dire aussi qu'en recherchant la doc je me laisse souvent entraîner à lire tout le bouquin. Je ne dois pas être le seul! (Look around!)
En résumé, j'aime le noir et blanc. Cela m'est venu en découvrant le graveur allemand Albrecht Dürer. Quelle richesse avec seulement un trait noir sur un papier blanc. J'ajouterai que, étant mon propre éditeur, les fonds à investir ne sont pas énormes.
Mes Rotring se sont accumulés au cours des années mais j'emploie toujours les mêmes car la pointe se fait à son utilisateur: un quart de millimètre, un tiers, un demi et un millimètre. Le 18 centièmes est trop fin, trop fragile et sèche tout de suite. J'ai aussi hérité d'un gros paquet de Rotring, ceux que mon beau-fils utilisait quant il était architèque. Il en a eu marre de tracer des lignes et il pilote maintenant des Boeing 757 et 767 (Cockpits identiques) chez United Airlines.



