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 ANALYSE d'une PROGRESSION

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jean-jacques petit
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MessageSujet: Re: ANALYSE d'une PROGRESSION   Dim 15 Oct - 19:19



Bonjour à tous,

Le vingt-quatrième dessin que je propose a été réalisé en 1971 (le très aéronautique dessin d'un combat aérien entre mouches et guêpes Silly ) et le 25° en 1972, probablement en début d’année.
Le combat aérien des mouches contre les guêpes était un délire que j’avais trouvé pour évacuer la pression des cours à l’ENAC. En effet, l’armée de l’Air, si je me souviens bien, avait condensé les cours d’une année scolaire des contrôleurs civils en trois mois pour les contrôleurs militaires. Les contrôleurs de l’aéronavale ne restaient qu’un mois mais ils avaient l’avantage d’être affectés sur porte-avions ou base aéro pour un pré-stage avant de nous rejoindre : ils étaient ainsi mieux préparés ! L’armée de l’Air n’ a adopté cette procédure que quelques années plus tard.
Les journées étaient très denses, donc. Il m’est arrivé, au moins une fois, de remplir le tableau de la salle de classe avec un de ces combats devant les camarades pliés en deux… et la surprise de l’instructeur arrivé avec un peu de retard. En dehors de ces délires, peu de temps pour dessiner…

Le second travail était une reprise d’un tableau réalisé le 5 juillet 1967 mais qui ne me satisfaisait pas vraiment. Comme mon paternel reprenait certains de ses dessins pour les améliorer, je me suis alors dit pourquoi pas!
Le Spitfire était piloté par le Group Captain Clive R. « killer » Caldwell, australien. Je m’étais inspiré de la photo du bonhomme et d’un profil de l’avion dans une monographie « Profile » de l’époque. Comme je n’avais pas peint depuis deux ans à peu près, je pouvais compter sur le fait d’avoir perdu certaines habitudes néfastes et trouver un nouveau style à développer.

- la mise en scène:
Je ne me souviens plus si j’ai trouvé cette mise en scène dans une BD ou tout est concentré dans un espace restreint, ou probablement issue d’une variante de la couverture du bouquin de mon paternel, postée auparavant : mais celle-ci me plaisait bien car très dynamique et émotionnellement chargée.

-Représentation du sujet:

Le Spitfire, avion esthétiquement réussi, devait être mis en valeur : j’ai donc choisi le trois-quart avant, légèrement de dessus pour le visuel.
L’Oscar, en arrière plan, est représenté complètement de dessus, en perdition. Pour ce dernier, j’avais le choix entre un camouflage moucheté ou tout vert : j’ai opté pour le plus facile car c’était aussi celui qui était le plus souvent adopté en seconde moitié de la guerre et le rouge des cocardes pouvait bien ressortir.

-travail artistique:
Le travail artistique initial ressemblait à celui des dessins précédents, avec un fond plus suggéré que présent. C’est cette « absence » qui m’a incitée à retravailler le dessin.
Je me suis donc évertué à peindre le fond en choisissant au préalable la couleur et à agir sur ce fond pour donner l’effet de vitesse. Celle-ci devait être un support visuel tout en mettant en valeur les deux avions. J’ai écarté le fond bleu (le ciel) qui me semblait trop évident, le fond vert (jungle) me semblant trop violent bien qu’autant évident que le bleu. J’ai alors opté pour le jaune-terre qui symbolisait le sable des plages tout en étant plus doux pour un décor. Restaient à trouver des mélanges de couleurs offrant un support réaliste à l’action.
J’ai donc barbouillé l’ensemble de la surface, recouvrant les avions. Lorsque les bons mélanges de couleurs « sablonneuses » ont été trouvés, j’ai tout peint. Une fois sec, par transparence, j’ai retrouvé les tracés des Spitfire et Oscar.
Ceux-ci bien délimités et mis en forme (s) au crayon, j’ai d’abord peint le Ki-43 car, à mon avis, c’était lui qui allait donner vie à l’ensemble et il me fallait particulièrement le soigner. Là, j’ai été rassuré quant au choix de le réaliser vert plutôt que moucheté : le contraste était bien assuré. Ensuite, il me fallait bien doser le feu du moteur et la fumée en m’éloignant le plus possible de mes représentations antérieures.
Pour le Spitfire, le fini « métallique » posait moins de soucis car les cocardes, codes et surface anti-reflet allaient amener les contrastes visuels nécessaires.
Une fois tout ceci posé, il me fallait donner de cohérence à cet ensemble, c’est à dire « marier » les deux avions par les effets lumineux engendrés par le moteur en feu du Japonais. Pour moi, ça allait être la partie la plus compliquée du travail en raison du dosage subtil à déterminer pour que ce soit réaliste.

En conclusion, si l’ensemble reste pour moi très visuellement intéressant, il y  a quelques anomalies que je n’avais pas détectées lors de la réalisation.
-1- la source de lumière générale (soleil) est indéfinissable mais pourrait être sur la gauche du Ki-43 si l’on en croit le reflet de la casserole d’hélice ! Si l’ombre sur l’aile droite du Ki-43 est bien vue, le plan fixe horizontal ne montre pas l’ombre de la dérive. Il est aussi dommage de ne pas avoir joué sur le reflet du feu sur l’aile de l’avion. Oubli probable de ma part.

-2- La luminosité de l’aile gauche du Oscar laisse supposer, en raison de son dièdre, une source de lumière plus sur la droite pour l’ensemble de la scène, ce qui est en contradiction avec l’ombre de la cellule sur l’aile droite : le soleil étant tout de même plus intense que le feu.
-3- Le Spitfire n’est pas en accord « lumière » avec le Oscar car il a sa source de lumière propre, semble-t’il. Si le jeu ombre-lumière semble bien venir de dessus de l’ensemble de la scène, le plan fixe horizontal du Spit ne génère aucune ombre !
L’hélice du Spitfire a été loupée quant à son plan de rotation, trop décalé sur la gauche. Dommage. D’autre part, le filtre à sable du Spitfire ne présente pas un « bombé » si prononcé dans la réalité, ce qui est également dommage.

Au final, je pense avoir travaillé indépendamment sur les deux avions, trop concentré pour penser la cohérence de la lumières dès le départ. Ce qui a généré cette disparité des sources de lumière. Excepté pour le Oscar, la luminosité du moteur en feu a été correctement appréhendée sur le Spitfire… car le métal était certainement plus apte aux reflets, à mon goût, comme le montre le reflet du drapeau de dérive sur le plan fixe.

La leçon à retenir, au final, réside dans la lumière de l’ensemble. La lumière, dans tout travail artistique, met en valeur le sujet. De sa gestion (source, intensité etc.) découle un visuel agréable, réaliste et donc, non choquant. Le contraire amène un malaise, au départ indéfinissable puis, à l’arrivée, inacceptable. Je crois que c’est le cas de ce dessin : impressionnant au départ pour être critiquable à l’arrivée.
Du haut de mes 23 ans à l’époque, j’allais encore avoir des progrès à faire en corrigeant mes erreurs moi-même, sans conseils extérieurs car travaillant dans mon coin.

JJ
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jean-jacques petit
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MessageSujet: Re: ANALYSE d'une PROGRESSION   Ven 20 Oct - 1:01



Bonjour à tous,

Les vingt-sixième/ vingt-septième dessins que je propose a été réalisés en 1971 ou 1972, pendant mon séjour à Nîmes.
Il s’agit-là d’esquisses concernant un scénario de BD que j’avais pondu, mi-réaliste, mi-fantastique où il était question d’une tentative malveillante de récupération de bombe atomique française, portée par un Mirage IVA, crashé au Groenland.  Cette organisation malveillante était ensuite neutralisée par des extra-terrestres venus aidés les autorités françaises.

Je pense avoir été influencé par un James Bond, probablement « Opération Tonnerre » que j’avais vu en salle à sa sortie, où un Avro Vulcan de la RAF était victime d’une organisation secrète. A cette époque, j’étais aussi un fan des livres d’Aimé Michel, spécialiste français des OVNI en France.

Le mélange des genres a donné un scénario que j’ai illustré d’une trentaine de planches « brouillon » pour en tester la faisabilité. De celles que j’ai conservées, j’en poste une en couleur et une en N&B.
Les « gentils » volaient sur Mirage IVA et Mirage F1, ce dernier, qui n’était pas encore en service dans l’armée de l’Air, à l’époque et représentait le meilleur de ce qui pouvait être fait au niveau national.
Les « méchants » volaient sur Mystère IVA récupérés dans les surplus indiens et F-4E Phantom, l’avion omniprésent sur la planète à l’époque. Les avaient été capturés sur un porte-container, en route vers un pays client de Mc Donnell.
Quant aux soucoupes volantes, le type est… inconnu !

Peut-être si le dieu des dessinateurs me prête vie, concrétiserai-je ce projet, comme un autre comprenant une action sur environ 24 heures, au rythme assez soutenu. Les projets font rester jeune, à ce que l’on dit.

Comme ce ne sont que des esquisses, je ne débrieferai pas le travail.

- scène couleur:
Cette action représente une formation de « méchants » tentant de repousser un débarquement des « gentils » sur une île abritant l’Organisation.
-scène N&B:
Cette scène représente une attaque des « méchants » contre la soucoupe volante qui vient de récupérer l’équipage du Mirage IVA.

Le besoin d’évasion et le manque de toute ma doc à portée de main ont favorisé l’occupation intellectuelle et la création de cette histoire. Ensuite, la vie en a retardé la mise à exécution du projet. Mais je n’ai pas de regrets (surtout depuis que je connais Francis Bergèse et, donc, le travail que demande une BD) sinon d’avoir vraiment manqué une expérience inédite pour moi.

JJ
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jean-jacques petit
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MessageSujet: profil Hawker Sea Fury marocain   Ven 27 Oct - 17:04



Bonjour à tous,

Le vingt-huitième dessin que je propose est daté d’octobre 1973, dessin n° 49 selon mon registre (qui est toujours en vigueur aujourd’hui) débuté le 2 juillet de la même année. C’est le plus vieux profil « génération 1970+ » que j’ai conservé.

« Hawker Fury, Maroc 1960 »:

- présentation:
La présentation est classique pour un profil, quoique présenté côté droit. La raison en est simple : la photo que l’on m’avait prêtée montrait l’avion de ce côté et comme, à l’époque, je préférais peindre la réalité plutôt qu’inventer en présentant, selon la coutume britannique le côté gauche… Aujourd’hui, mes connaissances aéronautiques me permettent de m’affranchir de cela dans bien des cas, surtout en fonction de la destination du profil : maquettistes, histoire, illustration simple. Mais le degré d’authenticité est noté dans les légendes (travail sur document par manque de photo, par exemple).

-Représentation du sujet:
La représentation a été réalisée sur une feuille Canson 50 x 54 (220 gr.) coupée dans la longueur pour pouvoir peindre deux profils. Le grammage permet au papier de rester assez stable lors de la peinture à la gouache, il vaut mieux ! Les dimensions aident également à réaliser une silhouette assez grande pour permettre des détails ainsi qu’une utilisation aisée du pinceau. Cela s’avèrera très utile lors des publications dont la réduction des vues « gomme » les imperfections.
Pour la petite histoire concernant le sujet du profil, les Marocains ont officiellement reçu quatre Sea Fury d’Irak, au début 1960, reliquat des 30 monoplaces et 4 biplaces reçus en 1946. Une fois livrés et présentés au roi du Maroc, les pilotes voulurent les faire voler, ce qui était normal. Il semblerait qu’après roulage et alignement sur piste, le pilote désigné pour cette mission ait mis chaque avion sur le nez à la mise de gaz, la puissance moteur étant trop élevée. A la décharge du pilote, il faut dire qu’il n’y avait que des NAA SNJ-5 dans l’armée de l’Air du Maroc : aucune comparaison avec les Sea Fury quant à la puissance du moteur !

-travail artistique:

Comme précisé auparavant, j’avais acquis une certaine aisance pour les dégradés de luminosité en peignant avec trois pinceaux simultanément : une couche teinte de base, une couche teinte claire (ou foncée) et un pinceau humide (eau) pour aider au « fondu », au besoin. Les premiers passages en ondulant les pinceaux permettaient aux couleurs de bien se mélanger, les derniers passages se faisant en passages rectilignes pour « poser » définitivement la lumière (ou l’ombre). Le problème était la jonction des couleurs de camouflage : nette ou fondue. Dans le premier cas, il fallait arrêter à la bonne distance, délimitée préalablement au crayon et, dans le deuxième, après l’arrêt à la bonne distance, j’utilisais le pinceau « moyen », humidifié au bon dosage (au pif) afin de fondre les lignes en faisant bien attention de respecter les ombres et lumières des différentes teintes. Heureusement que la gouache pouvait permettre cette méthode.
Une fois le profil bien sec, au tire-ligne, je m’attelais aux lignes de structures en effectuant un mélange de peinture « point milieu », c’est à dire une couleur qui restait neutre pour chaque couleur sur laquelle elle passait. A mon époque, on appelait ça « caca d’oie », ce qui ressemblait à du kaki grisé. Là aussi, c’était au pif. Il m’est arrivé de déterminer des couleurs tire-ligne différentes pour les teintes de camouflage, le camouflage « vietnam » par exemple, afin que les lignes restent discrètes. Aujourd’hui, je remarque que les profilistes représentent souvent les lignes de structure en noir, ce qui est dommage à mon avis, le profil perdant de son réalisme en « tuant » le talent de certains profilistes.

En fin de travail, avant ou après les lignes de structure (selon), la personnalisation de l’avion est réalisée. Dans le cas de ce Sea Fury marocain, la peinture masquant les anciens marquages irakiens, puis, après séchage, peinture des marques marocaines. La photo montrant les effets du temps, je me suis évertué à les représenter et il est évident que je ne m’y prendrais plus ainsi aujourd’hui.
Une parenthèse : ce vieux dessin, souffrant des nombreuses manipulations intervenues au travers du temps, j’ai verni la silhouette pour effectuer une expérience : je ne recommencerai pas ! Le vernis a assombri les teintes, ce qui n’était pas recommandé.

Au niveau des critiques négatives, je peux noter le manque d’intensité lumineuse sur la cabine, le nez et le capot. Un passage au pinceau (blanc) quasi sec a suffit pour le marquer. Mais c’était ainsi que les Britanniques faisaient. L’ombre du plan fixe horizontal est riquiqui et ne représente pas trop la grandeur de cet élément. Enfin, l’hélice est absente… là aussi, les dessinateurs britanniques ne les représentaient pas !

En conclusion, ce travail montre une nette évolution en opposition aux précédents travaux. Cela est dû à la maîtrise acquise par les nombreux profils déjà réalisés, conjuguée à la grandeur du dessin. Il n’y a pas photo : entre le timbre-poste et le poster, la façon de peindre est complètement différente. Selon le résultat visé (en fonction de la destination), la façon de travailler doit s’adapter.
Les profils suivants ne montrant que de rares améliorations de style, celui-ci s’étant affirmé progressivement, il ne sera pas utile d’en montrer plus, sinon lors du passage à l’aérographe puis, ensuite, à l’acrylique. En tout état de cause, entre ce profil et ceux que je réalise aujourd’hui, c’est le jour et la nuit.

JJ
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jean-jacques petit
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MessageSujet: Re: ANALYSE d'une PROGRESSION   Ven 3 Nov - 3:04



Bonjour à tous,

Le vingt-huitième dessin que je propose est daté du 21 janvier 1975, enregistré comme dessin n° 345, n°0 de la future série de tableaux artistiques, en opposition aux profils et dessins techniques (plans) déjà réalisés et d’autres qui vont voir le jour.
Destiné à un ancien pilote de la 5° EC et qui volait alors au CIFAS sur Mirage IIIB, ce dessin est inspiré d’une photo très connue, utilisée par Dassault pour faire la promotion du Mirage au début des années 60.

« Mirage IIC de l’EC 2/5 Ile de France, n° 37OE. »:

- la mise en scène:
Comme mentionné plus tôt, pour un jet, le 3/4 arrière ou avant reste une des meilleures positions pour un dessin. Après, on peut choisir légèrement dessus ou dessous selon les goûts. La photo publicitaire répondait à ce critère et je n’ai fait que rajouter les bidons supersoniques. Il est donc représenté à son avantage, pleine PC en montée.

-Représentation du sujet:
Se suffisant, seul, pour montrer l’énergie, l’angle de vue est mis en valeur par les effets de vitesse du décor, les filets d’air blancs que je peignais habituellement, ont désormais disparus.

-travail artistique:

Pour cette première commande, voulant « assurer », j’avais choisi un papier Canson coloré (jaune-beige), environ 40x50 cm, donnant une impression d’échauffement de l’air. L’avion métallique permettait un contraste bienvenu pour la mise en valeur et soutenait avantageusement les décorations rouges du Mirage.
Au niveau du travail artistique, je me souviens avoir eu des difficultés avec ce papier particulier car la peinture (gouache) n’accrochait pas de façon uniforme. D’autre part, le grammage n’était pas suffisant (il devait tourner autour de 90-110 grammes) et se déformait sous l’effet de l’eau.
Il fallait donc peu mouiller la peinture… qui accrochait alors encore moins. Donc, avec beaucoup de patience, j’ai barbouillé ce que j’ai pu, comme j’ai pu, toujours avec la méthode, désormais bien rôdée, des trois pinceaux en main ! Au final, le résultat était satisfaisant d’autant que le papier n’avait heureusement pas trop fait des siennes.
Aujourd’hui, je regarde forcément ce dessin avec tendresse car plus de 800 tableaux ont suivi à ce jour. Cela ne m’empêche pas d’y voir des imperfections que j’aurai pu voir à l’époque. Mais, encore une fois, mon manque d’expérience et de savoir-faire ont oblitéré ces choses.
Voici ce qui me semble « améliorable » :
- Si la couleur métallique est à peu près acceptable, le rendu métallique est inexistant. A l’époque, les Mirage IIIC d’Orange étaient encore assez propres (en opposition à ceux de Creil, sales à la même époque et surtout après) : de bons effets lumineux, aidés par le soleil provençal, n’auraient pas nuit, au contraire. Déjà, foncer quelque peu le dessous du fuselage et les ailes auraient apporté un bien.
- Le bidon sous l’aile droite n’est pas dans l’axe de l’avion. En photo, au grand angle, il est correct mais en dessin, à mon avis, vaut mieux rester conventionnel.
- La dérive est trop large en sommet et écrase un peu l’ensemble. L’affiner un peu aurait été mieux.
- ajouter un centimètre à l’envergure de l’aile aurait aussi été plus réaliste.
- les détails de structure, qui allaient devenir un incontournable de mon style, jusqu’à l’excès, apparaissent de manière égale du nez à la queue ce qui n’est pas de bon aloi pour une vue artistique. J’aurai dû les diminuer en m’éloignant du premier plan pour ne jouer ensuite que sur des effets métalliques des différents panneaux de visite.
- Enfin, et non des moindres, les détails de l’intérieur cabine sont inexistants. Ne pas les représenter est devenu une « marque » de ma part, que je rectifie aujourd’hui, sauf pour les profils. Les montrer aurait donné un peu plus de vie à l’avion et son cocher !

En conclusion, si l’ensemble est séduisant, la qualité de travail demande à s’améliorer. Cette mise en scène a été reproduite deux ou trois fois en changeant les identités. Globalement, le style était le même car peignant plus de profils que de tableaux, j ‘avais du mal à trouver deux styles adaptés pour chacun de ces travaux. Ce n’est que bien plus tard que je peindrai indifféremment des profils et tableaux dans la même journée.
Enfin, autre sujet, j’ai retrouvé un lot de cartes postales signées Louis Petit (qui n’a rien à voir avec ma famille, à priori) et je vous en soumets deux ci-dessous. A vous d’apprécier ce style, assez représentatif des années 30-40.

JJ

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jean-jacques petit
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MessageSujet: Patrouille de Kfir sur le Sinaï   Mer 8 Nov - 12:25



Bonjour à tous,

Le vingt-neuvième dessin que je propose est daté du 20 juillet 1980, enregistré comme dessin global n° 1606 et n°28 de la série de tableaux artistiques.
Ce travail est à l’heure actuelle dans le top 5 de mes préférés, peut-être parce que j’ai un faible pour l’aviation israélienne. Je me souviens l’avoir réalisé lors d’une fin de semaine où un ami me rendait visite : ce dernier voulait voir comment je travaillais. Il me semble avoir commencé le fond le vendredi et réalisé les avions les samedi et dimanche. Lorsqu’il est parti en fin de journée dominicale, il était fini.

« Patrouille de Kfir sur le Sinaï »:

- la mise en scène:
Un Mirage 5BA trouvé sur un poster de l’ancien magazine belge « Aero » m’a immédiatement fait penser à un tableau. Comme j’étais très fan de l’aviation israélienne dans ces années-là et après avoir vu les Kfir au Salon du Bourget en 1977, il était évident pour moi de réaliser un tel tableau. Le second Kfir, au-dessus du 750, a été inspiré par une photo de pub distribuée lors du-dit salon.
Mixer les deux avions pour en faire une patrouille m’a demandé un peu de cogitation afin de trouver le positionnement idéal, ainsi que la grosseur des avions.

-Représentation du sujet:
Les deux Kfir C2 choisis montrant une énergie suffisante, j’ai opté pour une patrouille en basse altitude, ce qui était normal pour des Kfir, avions tactiques d’assaut. Il était assez aisé de réaliser les effets de vitesse au-dessus du désert et, au loin, quelques fumées pour montrer que cette région ne connaissait pas la paix. Comme actuellement, d’ailleurs. Le but étant de montrer de l’énergie, pour moi, l’ensemble remplissait le contrat.

-travail artistique:
A l’époque, j’utilisais un papier granulé (12, 50 FF la feuille 75 x 56 cm, soit 1,90 euros) spécial pour l’aquarelle (mais, étant nul dans les caractéristiques des papiers, je ne peux en dire plus !) : il était génial pour le travail que j’allais faire. En effet, je préparais les différents mélanges de couleurs en quantité suffisante puis je mouillais gravement le papier. Tant qu’il était bien trempé, je passais les teintes au gros pinceaux plats (un pour chaque couleur) et lissais ensuite avec une brosse à habits (au poils de sanglier !), le tout très rapidement bien sûr. La qualité du papier, conjuguée avec la rapidité de travail, faisaient que la peinture « travaillait presque toute seule » jusqu’au séchage. Et la feuille restait ensuite plate, sans gondoler, ce qui me ravissait, bien sûr, n’étant pas habitué à ça avec mes papiers coutumiers.

Pour les avions, j’ai dessiné chacun séparément sur calque, avec les charges extérieures que je voulais, afin de les positionner sur le décor pour trouver la mise en scène idéale à mes yeux. Le réglage terminé, lorsque le papier a été sec, je me suis mis au travail le lendemain matin tout en discutant (en écoutant plutôt) avec mon très bavard ami.
L’étape une était de graver les silhouettes avec un stylo bille mine fine, afin que les détails puissent se voir avec l’aide d’une lumière rasante, en dépit des couches de peinture. L’articulation de la table à dessin aide beaucoup à trouver la bonne inclinaison de la lumière rasante.
Une fois l’affaire effectuée (c’est la partie la moins plaisante du travail), je me suis attelé à la mise en peinture de chaque avion « façon profil », c’est à dire en peignant chaque teinte de camouflage «à plat » puis en appliquant les ombres et lumières ensuite, tout en fondant les teintes entres elles, comme dans la réalité, toujours avec la méthode « trois pinceaux en main ».
Ceci terminé (le samedi soir très certainement), me restait à faire les détails divers : structures, ombres des équipements divers, décorations etc. Ce sont les finitions les plus longues car tout doit être en harmonie et rien ne doit choquer l’œil.
Comme je me suis chronométré, depuis le début, sur chaque type de travail que je réalisais, celui-ci était dans les clous, c’est à dire 40-45 heures de travail. Je dois aussi préciser que depuis mon adolescence, je ne dors que 7 heures par nuit et si je dois rogner sur le sommeil, je sais que ça ne dure qu’un temps compté et que je rattraperai mes nuits ensuite. C’est ainsi qu’il m’est arrivé plus d’une fois de faire des nuits blanches. Ce qui fait que je suis assez à l’aise avec la gestion du temps, surtout pour des clients pressés comme les éditeurs.

En conclusion, cette réalisation me plait toujours actuellement, ce qui est assez rare pour le noter : en général, la restitution de l’idée imaginée sur papier n’est, en ce qui me concerne, qu’exceptionnelle : je ne suis pas assez doué pour en faire une règle.
Le seul bémol que je puisse trouver tient au décor : les effets de vitesse, en bas des Kfir, ne sont pas alignés avec le cap des avions. L’autre bémol (mais je ne le savais pas à l’époque), c’est que, bien que fabricant les bidons de 1 700 litres que j’ai placé sous les ailes, les israéliens ne les utilisent pas sur leurs avions type Mirage. Ils montent leurs 1 700 litres à eux : soient des 1 300 litres rallongés. Certainement en raison des modifications des trains d’atterrissage dont les portes extérieures cogneraient alors les bidons, tout au moins pour les Kfir.
Après, chaque avion ayant quelques victoires tient de la création artistique, si l’on peut dire, car un seul Kfir a obtenu UNE victoire et ce dernier était peint « façon F-15 », il se trouve d’ailleurs au musée d’Hazerim.
En guise d’épilogue, je suis incapable de dire à ce jour où est-ce que ce dessin se trouve car je ne l’ai pas vendu. Peut-être a-t’il été offert en Israël lors de ma visite de bases en 1984 ?

JJ
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dilou27
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MessageSujet: Re: ANALYSE d'une PROGRESSION   Mer 8 Nov - 13:56

Je dois avouer être "bluffé" par cette technique, dite "des trois pinceaux" ! Vus sur mon écran, le Mirage et ces deux Kfir semblent réalisés à l'aérographe ...
L'impression est certainement différente sur les originaux, vus à taille réelle .
En tous cas, il y a des choses intéressantes à noter sur le travail à la gouache : merci pour ces infos .

Gilles .
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jean-jacques petit
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MessageSujet: Re: ANALYSE d'une PROGRESSION   Mer 8 Nov - 14:36

Je n'ai utilisé l'aérographe que 10 ans plus tard et j'aborderai le sujet au moment voulu. Comme je l'ai mentionné, ce papier était génial et la peinture semblait travailler toute seule tant que le papier était humide!
Je le redis encore une fois, le rendu général est essentiellement dû à la rapidité d'exécution: si on prend le temps de réfléchir, c'est fichu. Le travail doit donc être bien cogité avant la réalisation... pour savoir où l'on met les pinceaux.

Au sujet de l'aérographe, je me souviens qu'un jour, j'ai livré des dessins au Fana alors que Robert Roux (Directeur du Fana et peintre de quelques couvertures) se trouvait présent avec deux ou trois amis. il m'a demandé si j'utilisais l'aérographe: comme je ne savais pas ce que c'était, car à cette époque, l'instrument était très confidentiel ( Silly ), j'ai répondu non. J'ai dit que je travaillais au pinceau. Du coup, un de ses amis a trouvé un poil de pinceau et ils ont passé 10 minutes à chercher d'autres poils de pinceaux... et en ont trouvé.
Roux a fini par me féliciter pour mon travail, ce qui m'a bien fait plaisir tant les compliments sont rares entres dessinateurs, tout au moins à cette époque!

Voilà ce que je peux dire de tout ça et merci pour le compliment.

JJ
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Limadefois
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MessageSujet: Re: ANALYSE d'une PROGRESSION   Jeu 9 Nov - 11:14

Bonjour,

Toujours aussi intéressant que de suivre l'évolution de vos dessins. Vraiment...

Pour les Cartes Postales de Louis PETIT, j'avais ouvert deux sujets à son sujet !! Mais les photos n'apparaissent plus......
On en trouve encore dans les brocantes ou autres....
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jean-jacques petit
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MessageSujet: Re: ANALYSE d'une PROGRESSION   Jeu 9 Nov - 12:37

Merci pour l'intérêt à mon analyse: ma mémoire me permet de mieux restituer ce que j'ai fait à l'époque... mais pas sur tous les travaux, tant certains manquaient vraiment d'originalité.

En ce qui concerne Louis Petit, j'ai dans ma doc des dessins en N & B sur des journaux aéro de l'époque ("Les Ailes"?) mais c'est toujours quand on cherche que l'on ne trouve pas (ce qui fut le cas des cartes postales) et dès que je tomberai dessus, je posterai (je crois me souvenir qu'il s'agit d'un D.520).

A dans quelques jours pour la suite... l'interception du Betty de Yamamoto.
JJ
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jean-jacques petit
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MessageSujet: Yamamoto   Lun 13 Nov - 1:17





Bonjour à tous,

Le trentième dessin que je propose est, en fait, une série de trois dessins datés du 22 septembre 1982 ( tableau 35) pour l’un et quelques jours plus tard, le 27, pour les deux autres (tableaux 36 et 37) .
Il s’agissait alors d’illustrer le Docavia n° 19 (publié en mai 1983) en complément de 16 profils à ma charge également précisément demandés par l’auteur Bernard Millot et je devais ensuite réaliser la couverture qui devait aussi se trouver en poster dans le livre. Ces trois dessins permettaient à l’éditeur et l’auteur de faire leur choix final. Pour ma part, ils sont représentatifs d’une recherche historique d’abord, de la mise en situation de l’événement historique selon diverses idées ensuite et, finalement, du choix de l’éditeur.
Les trois tableaux permettaient d’avoir un choix final, sans que le dessin (si j’en avais fait un seul) me revienne avec les retouches, ou que l’auteur me demande d’en refaire un autre avec les directives par téléphone. C’était manière de téléguider le choix pour avoir la paix ensuite.

« L’interception de l’avion de Yamamoto au début de la journée du 18 avril 1943 »:

- la mise en scène:
Elle n’était pas simple, car il me fallait historiquement « aligner plusieurs planètes » : le lieu, la météo, les avions. La documentation en ma possession m’a bien aidée car ce théâtre d’opération (le Sud-Ouest Pacifique) est celui qui m’intéresse le plus en raison de la présence de l’Indochine française puis la guerre du Vietnam ensuite.
- Le lieu : trouver de bonnes cartes a été le travail initial. Comme je suis assez bien équipé, depuis longtemps, je n’ai pas eu trop de soucis et les cartes militaires NATO ont complété le travail.
- La météo : les témoignages américains et japonais étaient concordants, donc pas de soucis.
- Les avions : là aussi, les témoignages concordaient et les Américains n’étaient pas avares de photos des protagonistes. Je rappelle aussi qu’en 1982, il n’y avait pas Internet !
Une fois les informations récoltées, il fallait mettre en scène soit l’avion de Yamamoto soit celui qui l’accompagnait, le premier s’étant crashé en forêt et le second en mer.

-Représentation du sujet:
J’ai d’abord réalisé l’interception de l’avion accompagnateur, celui du vice-amiral Matome Ugaki, qui a fini au fond de l’eau, dont le vice-amiral a été l’un des trois survivants, témoin donc. J’avais en effet un temps compté et il fallait faire vite (bonheur du travail pour les éditeurs !) car le travail est toujours demandé pour hier et rarement pour demain…
J’ai décidé de représenter l’action vue de dessus avec le Betty à quelques instants du crash et le P-38 en dégagement. Émotionnellement, je trouvais que c’était la meilleure solution, car la situation était vue par le vainqueur. Ne connaissant pas le numéro du G4M1 japonais, ça permettait d’éluder le problème de l’identification!
Pour les deux autres tableaux, j’ai choisi de représenter l’océan et l’île de manière à ce que l’on puisse comprendre immédiatement l’action. J’ai opté pour deux manières de voir la chose.
Mon préféré était celui du 110 de Lanphier… mais il n’a pas été choisi, je pense, en raison de problèmes de cadrage de la couverture. Comme quoi, ça tient toujours à peu de choses.
Un tableau, comme je le mentionnais dans une analyse précédente, n’est pas forcément bon pour une couverture et vice-versa.

-travail artistique:
Les trois tableaux ont été réalisés sur le papier « qui travaille tout seul » car, à l’époque, je travaillais souvent sur grand format.
La météo du jour à représenter étant bonne, le décor était « ciel et mer : bleu, soit CAVOK comme on dit en aéronautique –Ceiling And Visibility OK- ». Les avions étaient verts donc, pas de souci pour les mises en couleur. Comme je n’étais pas doué pour représenter l’eau ou la forêt à l’époque (à peine plus aujourd’hui), j’ai simplifié en travaillant les effets de vitesse sur le tableau vu à la verticale et en mettant le moins de forêt/sol possible sur les deux autres. Le « hic » se situait en la représentation du ressac pour lequel c’était ma première expérience, je crois. D’habiter pas loin de l’océan m’a un peu aidé.

Pour les avions, c’était plus facile. Le Lightning au-dessus de la mer seule était issu d’une silhouette technique, un « éclaté » : l’angle me plaisait bien et la grandeur du dessin, parfait pour moi et les retouches, minimes.
Pour le P-38 « 110 », la photo d’un avion, vu seulement de dessous, moitié avant, me plaisait depuis longtemps et je piaffais, en quelque sorte, d’en faire un dessin. Il m’a fallu reconstruire toute la partie arrière à partir du bord de fuite des ailes et ça n’a pas été facile en raison des deux poutres qu’il ne fallait pas louper. Mais bon, après quelques tentatives, je m’en suis sorti.

Au niveau du travail artistique, le choix du positionnement des avions en raison de l’heure de la journée (du soleil, donc) et du combat, m’imposaient la mise en scène.
Si l’interception réalisée par le P-38 « 125 » se passait au-dessus de l’océan, sans repères, me laissait libre choix, ça n’était pas pareil pour les deux autres tableaux. En effet, Yamamoto a été intercepté au-dessus de l’eau et l’avion a filé vers l’île ensuite.
J’ai donc imaginé deux situations, la première, plus artistique avec le P-38 vu de dessous et la seconde plus « action » avec le P-38 vue de dessus. Pour cette dernière, à vrai dire, je n’étais que moyennement inspiré. Lorsque j’ai eu terminé, je me suis dit qu’il me fallait représenter un Zéro d’escorte. Je l’ai placé dans un coin libre, en phase de cabré vers le Lightning. Le travail artistique a été relativement dense pour moi, à l’époque, car dans plusieurs domaines c’était une « première » !
Représenter l’eau était un beau défi et je me suis plongé dans les travaux des divers peintres de boîtes de maquettes. Mais la réduction de taille de leur travail ne m’a pas beaucoup aidé car les détails m’échappaient. Mon manque de métier n’arrangeait pas mes affaires non plus. Seuls les avions ne me posaient pas souci.

Quelques critiques peuvent être faites sur ces trois tableaux :
- P-38 « 125 » : le cap n’a pas été suffisamment soigné… mais l’avion est en évolution de combat. L’ombre du Betty, sur l’eau, aurait gagnée à être plus travaillée, notamment en y ajoutant les casseroles d’hélices. Si les lueurs d’incendie des moteurs ont été bien rendues, à mon avis, j’aurais dû refléter le feu sur l’eau. Et, encore une fois, la fumée est trop dense et compacte : un dilué aurait été plus judicieux. Il y a des défauts tenaces.
- P-38 dessus en cabré : les seuls bémols, à mon avis, se situent sur la représentation de l’eau (sujet que je dois travailler encore aujourd’hui) et l’alignement trop net des arbres sur la plage, comme à la parade.
En ce qui concerne les avions, en dehors du Zéro pour lequel on se demande ce qu’il fait là, rien de trop à dire. En effet, le Zéro aurait mérité un autre cap plus cohérent, dans le « suivi » du Lightning.
- P-38 « 110 », à mes yeux, seuls le décor à gauche et l’océan auraient mérités un traitement meilleur ainsi qu’un parallélisme cohérent des filets de condensation. Mais à l’époque, j’étais au taquet de mes capacités ! C’est d’ailleurs pour cela que c’est mon préféré des trois.

En conclusion, je me suis senti vidé à la fin du travail sur ces trois idées de l’affaire Yamamoto. La rapidité d’exécution y est aussi pour quelque chose ! Il est évident que je ne ferai qu’un seul tableau aujourd’hui, tenant compte des impératifs historique/ mise en page/ émotion. Mais bon, on apprend toujours de ce que l’on fait. Belle expérience toutefois car elle mettait en lice plusieurs thèmes. Cela m’aidé pour certains autres travaux historiques que je posterai plus tard.

JJ
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jean-jacques petit
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MessageSujet: Iran-Irak   Ven 17 Nov - 13:19



Bonjour à tous,

Le trente-et-unième dessin que je propose est daté du 19 août 1983, dessin 2169 (tableau 46). Il a été réalisé pour un pilote irakien alors en transformation Mirage F1, à Mont de Marsan.
Comme je connaissais bien la quasi totalité des moniteurs français, j’allais souvent rendre visite aux Irakiens pour qu’ils me parlent de leurs avions, notamment le MiG 21MF. Celui-ci est mon avion « Rouge » préféré: les guerres du Moyen-Orient et du Vietnam, sans oublier les conflits récurrents Inde-Pakistan, sont à l’origine de cet intérêt.

« Guerre Iran-Irak »:

- la mise en scène:
Les conversations avec les pilotes irakiens, en anglais bien sûr, montraient leur fierté professionnelle face à leurs homologues iraniens : d’après ce qu’ils affirmaient, à l’époque, ils avaient abattu une cinquantaine de F-4 et F-5, sans oublier une demi-douzaine de F-14: la majorité des victoires étaient dues à des tirs de Super 530 et les victoires étaient homologuées lorsque les échos radar disparaissaient.
Ces pilotes irakiens avaient derrière eux un passé de pilote des plus opérationnel car leur armée, comme pour la Jordanie d’ailleurs, avait été entraînée depuis la fin du 2° conflit, par les Anglais. Cela se passe de commentaires. La seule chose que je puisse ajouter, en tant que contrôleur de trafic aérien, est que les Irakiens étaient les seuls pilotes venus du Moyen-Orient, à Mont de Marsan, à voler par tous les temps. Bien que les Jordaniens soient aussi passés par Mont de Marsan, leur passage éclair au printemps, ne m’a pas permis de vérifier si leurs vols avaient également été réalisés dans toutes les conditions météorologiques. Les pires étaient les pilotes lybiens.
Le pilote en question, dont je n’avais malheureusement pas noté le nom, m’avait demandé de réaliser l’interception d’un Phantom IAF par une patrouille de Mirage F1EQ, l’Iranien devait se trouver en perdition bien entendu. J’avais rapidement fait une esquisse devant lui pour lui montrer comment je voyais la chose et il avait validé.

-Représentation du sujet:
Dans un ancien Airfan, en illustration de l’éditorial, j’avais trouvé une photo d’un Mirage F1C qui me plaisait bien pour réaliser un dessin « émotionnellement » chargé. Il m’a servi pour le premier plan, après l’avoir transformé en « EQ » puis équipé de Matra Super 530. Le second était un Mirage F1C du 2/12 Picardie qui était souvent publié dans les magazines aéro et dont la position convenait parfaitement à la mise en scène. C’est devenu l’avion tireur, au second plan. Le F-4E n’avait qu’une importance secondaire.
Le positionnement montrait l’issue d’une interception face-à-face supersonique, guidée radar au sol puis prise en compte par le Mirage F1 ensuite, avec tir d’un Matra Super 530, missile longue-distance. Pour donner une idée de la chose, on voit le croisement du « MiG » lors de la première rencontre en face-à-face dans le film « Top Gun ». Pour ma part, j’ai participé en place arrière d’un Mirage F1B (avec le Cne Paradis comme pilote), à deux interceptions face-à-face : nous étions positionnés sur la Méditerranée pour la première, au sud de Marseille et l’autre avion, à Lyon. Je crois me souvenir que les deux F1 filaient l’un vers l’autre aux alentours de M 1,4 chacun et il n’a pas fallu longtemps pour que nous accrochions radar, puis « tirions » nos Super 530. J’ai à peine vu l’autre F1 croiser tant la vitesse de rapprochement était grande. Pilote de chasse est un métier.
J’ai donc représenté les deux Mirage en dégagement vers la droite, tandis que le Phantom, touché, poursuivait au cap avec l’éjection de l’équipage (RIO à l’éjection ici). J’ai omis le Super sous l’aile droite du Mirage 4517 : les numéros, bien que réels, étaient factices pour cette action précise. Au niveau du décor, le désert, le ciel bleu et quelques nuages à l’horizon suffisaient pour le soutien visuel. Le papier, comme d’hab’, le grand format « qui travaille tout seul ». Ca me facilitait la tâche pour réaliser le décor diffus.

-travail artistique:
Pour moi, ce travail était de la routine tant je connaissais les avions et le théâtre d’opérations. Le défi se situait au niveau de la séquence d’éjection de l’équipage iranien, car je ne savais pas qui partait le premier : la place arrière comme sur les Français ou la place avant. N’ayant rien trouvé à ce niveau-là et ne pouvant demander à des cochers de F-4, j’ai choisi la logique : place arrière d’abord. Ensuite, le camouflage a demandé un peu de recherches car, à l’époque, très peu de photos existaient de Phantom iraniens. Mais bon, quand on cherche, on finit par trouver… la plupart du temps !
J’ai particulièrement soigné la fumée du F-4E pour ne pas sombrer dans mes anciennes habitudes et j’ai ajouté un peu de fumée en sortie de tuyère du F1 pour donner de la vitesse. C’est un peu le cas dans la réalité et en combat, pour éliminer cette fumée, les pilotes mettent la PC : ils sont ainsi moins visibles… mais consomment plus de carburant ! (je parle essentiellement des moteurs américains).

Quelques remarques peuvent être faites sur cette scène concernant tout d’abord le décor. J’aurais pu travailler un peu plus celui-ci mais je me suis dit qu’à haute altitude, on ne voyait pas grand’chose dans le désert.
En ce qui concerne les avions, je maîtrisais bien la gouache à l’époque et le travail pinceau ne me posait pas vraiment de souci : donc, je suis aujourd’hui encore satisfait de l’ensemble, même si je changerais probablement le positionnement des avions, mais pas tant que ça, finalement.

En conclusion, le travail étant plaisant à regarder pour ma part, il retranscrivait aussi l’ambiance de vol dans cette région. Le verdict a été positif lors de la livraison au pilote, en présence de ses camarades, au vu de son sourire autant que celui de ses collègues ! D’ailleurs, quelques autres commandes ont suivi.

JJ
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MessageSujet: Attaque atomique   Mer 22 Nov - 20:34



Bonjour à tous,

Le trente-deuxième dessin que je propose est daté du 16 février 1983 (dessin 2083/ n°43), donc antécédent au précédent post : je me suis emmêlé les… pinceaux ! Il a été réalisé pour illustrer la couverture d’un historique de l’EB 1/91 « Gascogne » de Mont de Marsan, postulant pour un concours initié par le Service Historique de l’armée de l’Air. L’historique proprement dit avait été réalisé par l’officier « traditions » de l’escadron. D’après mes souvenirs, l’EC 1/3 Navarre est arrivé premier et le Gascogne second.

« Mirage IVA en LADD »:

- la mise en scène:
A l’époque, l’EB 1/91 avait pour mission le tir de l’arme nucléaire. Ce tir se réalisait selon une procédure figée, créée par les Américains et adaptée par l’armée de l’Air : le LADD, soit Low Altitude Drop Delivery et , en, français « largage basse altitude ».
Globalement, cette procédure imposait la pénétration grande vitesse le plus bas possible (environ 500 pieds/ 500 nœuds), un cabré à environ 20 kilomètres de l’objectif pour identification/ acquisition visuelle et recalage du cap, plongée en TBA avec stabilisation des éléments (vitesse, altitude) puis cabré à une « certaine distance de l’objectif », le tir de l’arme se déclenchant automatiquement selon une courbe balistique calculée, puis sortie de la zone en haute ou basse altitude, selon la procédure établie sur cet objectif particulier.
Mon choix s’est fixé sur la plongée pour prise de cap avant le tir. Je trouvais cette phase très intéressante à dessiner car elle regroupait émotionnellement beaucoup de choses pour l’équipage qui travaillait en osmose complète depuis le début de mission. Je me souvenais en effet d’une discussion avec un pilote de Mirage IVA, à Cambrai, qui m’avait avoué ne pas avoir dormi pendant trois jours après avoir attaqué Cambrai lors d’un exercice national : slalomer entre les terrils, à grande vitesse, l’avait nerveusement bien marqué !

-Représentation du sujet:
Le choix du papier : comme d’hab’, le grand format « qui travaille tout seul ». Ça me facilitait la tâche pour réaliser le décor général. Celui-ci devait comporter un centre industriel en fond de décor et un paysage anonyme le précédant, tenant compte des grandes régions inhospitalières (désertiques) de l’URSS. J'ai raccourci les distances pour une meilleure compréhension tout en pensant à détacher l'avion sur le paysage.
Les connaisseurs ont dû apprécier car aucune remarque ne m’a été faite lorsque j’ai rendu le dessin.

-travail artistique:
Simple et compliqué à la fois, l’ensemble devait être compréhensible au premier coup d’œil tant par les connaisseurs que par les néophytes. Ces derniers pouvaient toutefois être décontenancés par l’attitude du Mirage IVA, mais cela n’empêchait pas de poser des questions.
J’ai donc réalisé d’abord le décor pour m’en débarrasser au plus vite, en partant d’un arrière-plan mauve vers un premier plan aux couleurs naturelles. Sur cet arrière-plan, j’ai posé une cité industrielle quelconque, avec ses fumées, comme pouvaient en dégager les usines soviétiques.
Pendant que tout ça séchait, j’ai dessiné le Mirage IVA sur calque afin d’avoir le loisir de le reprendre à volonté sans dégrader le décor. Ça me donnait le temps de cogiter les ombres et lumières, sachant que l’avion était camouflé sombre dessus et, surtout, sombre également dessous. Une fois le Mirage terminé, je l’ai décalqué sur le décor dans la position prévue mais adaptée à ce moment-là précis : parfois, ce que l’on a en tête n’est pas jouable et il faut alors chercher une autre solution. Cette méthode, que j’emploie depuis toujours, reste pour moi la plus souple et la plus plaisante en tant que peintre.

Quelques remarques peuvent être faites sur cette scène concernant tout d’abord, et surtout, le décor. L’adoption de ligne fuyantes cohérentes aurait donné plus d’énergie à l’ensemble. La densité des couleurs est trop accentuée pour le décor d’arrière-plan et le paysage du premier plan aurait gagné à être plus travaillé car le « vide » de certains endroits est trop important : changement de couleur des arbres, champs et ajouter quelques maisons, fermes auraient été mieux.
Les nuages sont toujours aussi minables tant dans la disposition que la représentation, sans parler du brouillard se muant en stratus… tout cela ne ressemble à rien !
Bref, pour une couverture d’ouvrage où viennent se superposer des titres et autres écritures, ça passe, mais en tant que tableau, ça n’est pas acceptable. L’avion seul, à mes yeux, est correct.

En conclusion cette idée reste, à mon avis, un bon choix pour une couverture. Le travail, en revanche, montre le manque de connaissances techniques de peinture et actuellement, je serais plus « pastel » dans ma représentation du fond de décor et le paysage serait plus détaillé au niveau « suggestions visuelles ». J’ai d’ailleurs mis longtemps à autant (sinon plus) travailler le décor que l’avion. Je progresse mais il y a du boulot.

JJ
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Calot 335
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MessageSujet: Re: ANALYSE d'une PROGRESSION   Jeu 23 Nov - 19:03

Sacré JJ... laugh

Tu as l'art de nous rincer les mirettes ! eye_creazy
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dilou27
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MessageSujet: Re: ANALYSE d'une PROGRESSION   Ven 24 Nov - 17:29

J.J. Petit a écrit:
Ces derniers pouvaient toutefois être décontenancés par l’attitude du Mirage IVA

Moi-même, j'avais vu des "2000" et des "F1" faire ce genre de manœuvres, mais je n'aurais jamais imaginé le Mirage IV dans cette attitude là ... Heureusement que le texte explicatif donne le "pourquoi du comment" , sans quoi j'aurais eu du mal à y croire shocked ( même si je sais pertinemment que tu ne dessines pas "n'importe quoi" et qu'il y avait donc nécessairement un fond de vérité derrière cette image ... ) .

Gilles .

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jean-jacques petit
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MessageSujet: Re: ANALYSE d'une PROGRESSION   Ven 24 Nov - 18:44



J'avais prévu de poster ce petit dessin pour expliquer... mais j'attendais l'occasion!

Le Profil LADD est dessiné en rouge, de manière simplifiée (sans échelle véritable) avec les deux types d'évasion, haute et basse, selon le profil de l'époque, juste avant la mise en service des missiles balistiques de croisière.

L'arrivée sur l'objectif est réalisée en haute altitude (pour économiser le carburant) et la descente est réalisée selon deux options:
- soit le radar de surveillance régional (environ 500 km de rayon de détection) est situé très près de l'objectif, il faut alors mettre les brouilleurs en route et descendre vers cette distance, ce qui implique une consommation carburant opérationnelle, en raison de la hauteur sol et de la vitesse,
- soit le radar de surveillance est bien en dehors de l'objectif qui, au mieux, est situé près d'une base aérienne. Cette dernière dispose d'un radar de contrôle de trafic local pour le recueil des avions de la base et sa zone de travail dispose alors d'un rayon d'action de 100 à 150 km. Donc, c'est moins le stress, mais les brouilleurs sont mis en route tout de même.

Dans les deux cas, la pénétration se réalise dans l'ombre des reliefs entourant l'objectif (collines, montagnes etc.) car les ondes radar, comme un faisceau lumineux, étant réfléchies par le dit relief et créent une zone masquée derrière (ombre).
Le choix de la route est réalisé en fonction de ces reliefs (ce qui fait que bien souvent, on devine d'où vont venir les attaquants) avec la partie identification de l'objectif assez près pour permettre la prise de cap finale et le tir.

Ces attaques étaient la meilleure option pour l'époque, mais avec une chance de retour assez "illusoire", quoi qu'on en dise. Mais à ce niveau-là, il existait toujours un plan B pour le retour, comme l'ont expérimenté nombre d'équipages navigants lors de la 2° Guerre Mondiale, en Europe surtout.
En matière aéronautique opérationnelle, il n'y a pas beaucoup de place au hasard car on réduit au maximum celui-ci... pour avoir une chance de rentrer entier.

Une des dernières attaques de ce genre a été conduite par les Israéliens sur la centrale atomique de Bagdad, au début des années 80. Vous savez maintenant où se situe à peu près le Mirage IVA que j'ai dessiné et pourquoi il est dans cette position: facteur de charge oblige.

JJ
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patrick15
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MessageSujet: Re: ANALYSE d'une PROGRESSION   Sam 25 Nov - 12:18

wouah! impressionnant, avec toi, jean jacques, j'apprends toujours... Occasion

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Limadefois
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MessageSujet: Re: ANALYSE d'une PROGRESSION   Sam 25 Nov - 15:32

Woah.....
Superbes explications.....que je vais tenter d'appliquer sur ma Xbox !!!
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jean-jacques petit
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MessageSujet: MiG-21MF sur le Sinaï   Lun 27 Nov - 1:32



Bonjour à tous,

Le trente-troisième dessin que je propose est daté du 15 décembre 1983 (dessin 2223/ tableau n°61), dont la pièce maîtresse est le MiG-21MF. C’est en achetant le Koku Fan Spécial MiG-21 (n° 55) que j’ai découvert une photo qui m’a tout de suite fait penser à une situation mettant en scène mon MiG préféré : je pose la photo en vis-à-vis.

« MiG-21MF égyptien sur le Sinaï »:

- la mise en scène:
Ce magazine Koku Fan a été publié en 1974, un an après la guerre du Kippour, sur les derniers mois de la guerre du Vietnam et peu de temps après la visite soviétique au Normandie Niémen, à Reims. A cette époque, le MiG-21, sous ses versions ‘PF et MF, était la bête noire des aviations occidentales car il inondait les aviations des pays de l’Est ainsi que les pays « sympathisants » du bloc soviétique.
Comme j’étais à fond sur les guerres du Moyen-Orient à l’époque, lorsque j’ai vu cette photo, j’ai tout de suite pensé à la scène que j’ai peinte, sur fond d’un ambiance « sablonneuse ».

-Représentation du sujet:
J’ai opté pour mon papier habituel, celui « qui travaille tout seul » car idéal pour le fond de décor diffus que je comptais peindre. J’ai dû reconstruire toute la partie arrière de l’avion, ainsi que les ailes, puis l’équiper de charges extérieures : ça n’a pas été facile et j’ai bataillé pour que le MiG soit cohérent dans ses proportions et allure générale. Merci mes études en dessin industriel ! J’ai gardé le calque car je comptais en réaliser d’autres sur d’autres zones d’opérations, comme le Vietnam par exemple.
En ce qui concernait le positionnement des avions, le vainqueur en montée et le perdant en piqué me semblait une bonne option. Si j’inclinait le dessin de 90° à droite, les deux étaient en descente, ce qui pouvait aussi être acceptable… mais j’ai choisi, finalement, le format « portrait ».
La source de lumière au centre, comme dans une espèce de tempête de sable, me contraignait à réaliser un contre-jour, ce qui n’était pas pour me déplaire. J’avais e, effet découvert, il y avait peu, le travail de Keith Ferris devenu, depuis, mon maître à penser au niveau des représentations aériennes. A cette époque, les escadrons de l’armée de l’Air que je côtoyais étaient souvent abonnés à « Aviation Week, Space & Technology », magazine qui est devenu une bible pour moi tant j’y trouvais ce que je cherchais en documentation aéronautique technique. Très régulièrement, au dos de ce magazine se trouvait publié un tableau de Keith Ferris dont les contre-jours me subjuguaient par leur originalité.

-travail artistique:
Pour moi, le défi se situait au niveau du dosage ombre-lumière du contre-jour : ne pas en faire trop, ni trop peu. Travailler ce genre de dosage au pinceau n’est pas facile au regard de l’aérographe qui permet de savoir rapidement si les dosages couleurs sont bons… ou pas. Au pinceau, il faut aller au bout, pour savoir, d’autant que la gouache ne restitue pas toujours la couleur choisie, car changeante entre l’humide et le sec.
Bref, je crois me souvenir que j’ai dû tomber sur le dosage ombre-lumière correct rapidement car le tableau a été réalisé en deux jours environ, comme à l’habitude : le premier jour consacré au décor et le second, au sujet. Le MiG-21MF, bien sûr, a concentré toute mon attention car je tenais à ce qu’il soit parfait selon mes standards de l’époque.

Les remarques qui me viennent à l’esprit tiennent plus de la composition que de la réalisation. Au sujet de cette dernière, la seule chose qui me dérange un peu est que je n’ai pas assez porté de soin à mettre la cocarde de fuselage « sur le fuselage », alors que le drapeau de dérive et la cocarde d’aile sont eux, bien sur leurs surfaces respectives.
Aujourd’hui, je travaillerais certainement plus le décor sol et je positionnerai autrement le Skyhawk, que je représenterais probablement plus en plan (ailes visibles). La PC du MiG-21 serait aussi plus « virile » que celle que j’ai faite : cette dernière me posait souci car si je la ratais, le fond de décor devait être entièrement refait à cause des mélanges de nuances couleurs, alors détruites. L’aérographe aurait évité cette perspective… mais je ne l’utilisais pas à l’époque.

En conclusion cette composition, globalement, me plait toujours et fait partie du « top 5 » de mes tableaux préférés… mais essentiellement en raison de l’avion, non du travail effectué. Quoique. Ce tableau se trouve aujourd’hui chez mon fils junior qui m’a tanné pour que je le lui donne… ce que j’ai finalement fait, pour avoir la paix. Mais je le referai en mieux, un jour ou l’autre, en deux versions : une au Vietnam et l’autre durant la guerre indo-pakistanaise.

En épilogue, lors d’une des rares sorties de ce tableau en exposition, j’ai été abordé par un pilote de Kfir, en vacances en France et qui s’est étonné que l’Israélien ne soit pas victorieux :
- « Vous n’êtes pas sympa avec nous », m’a-t’il dit.
Et je lui ai expliqué que l’intérêt, pour moi, était le MiG-21MF et non le reste. Il a convenu que c’était un sacré avion et qu’il espérait ne jamais en rencontrer.

JJ
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patrick15
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MessageSujet: Re: ANALYSE d'une PROGRESSION   Lun 27 Nov - 12:18

tu as bien fait de choisir le format portrait

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jean-jacques petit
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MessageSujet: Re: ANALYSE d'une PROGRESSION   Lun 27 Nov - 12:52

Je m'étais dit que deux avions piquant vers le bas, c'était trop. Dans le trente-sixième (futur) post, le même problème sera posé avec le combat des F-14 contre les SU-20 (ou 22) libyens dans les années 80.

Du choix de la présentation dépend l'émotion que la scène génère. Ça n'est pas toujours facile car j'essaie toujours de montrer une scène comme si je me trouvais dans un avion en équipier du sujet principal, cul-par-dessus-tête bien souvent. Ça me permet de positionner les ombres et lumières de manière cohérente... mais pas toujours compréhensible pour celui qui regarde. A moins qu'il ne soit navigant, bien sûr... mais jouer avec la troisième dimension est jouissif plutôt que de représenter l'horizon... horizontal.

JJ
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jean-jacques petit
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MessageSujet: Fresque murale au CEC   Mer 29 Nov - 12:28



Bonjour à tous,

Le trente-quatrième dessin que je propose est daté du 31 mai 1984 (dessin 2285/ tableau n°63) : c’était ma première fresque d’envergure.
Il s’agissait de peindre un mur de la salle d’attente du nouvel ensemble « Centre d’entraînement au combat » sur la BA 118, équipé de simulateurs, en représentant un combat deux- contre- deux entre deux F-5E de l’Agressor Squadron américain stationné en Europe et deux Mirage 2000C français, entrant tout juste en service au CEAM.

« Mirage 2000 versus F-5E »:

- la mise en scène:
Fer de lance de la Défense Aérienne, le Mirage 2000C représentait le meilleur de la Chasse française de l’époque et cette fresque devait mettre en valeur la supériorité, pour une fois non usurpée, de l’armée de l’Air sur ses congénères. Comme le Centre n’existait qu’à travers la simulation, je devais aussi intégrer les paramètres d’une tête haute, symbole du modernisme de l’époque et de la mission du Centre. Pour ce faire, lorsque j’ai eu fixé la scène à représenter, mes camarades instructeurs ont programmé la scène en simulation afin d’obtenir les données « tête-haute » concernant cet instantané particulier.
Une fois les éléments obtenus, je pouvais commencer.

-Représentation du sujet:
Afin de pouvoir travailler tranquillement, j’ai décidé de travailler dès le jeudi de l’Ascension 31 mai, jusqu’au dimanche 4 juin bénéficiant du pont. Ces quatre jours sans personne dans le bâtiment m’évitaient de subir les questions de ceux qui ne connaissent rien et ont un avis sur tout, de ceux qui connaissent tout et qui ont toujours une meilleure idée etc. Heureusement que j’ai une épouse compréhensive pour accepter quatre jours d’absence au lieu d’être en famille.
Préalablement, j’avais fait peindre le mur (environ 3 x 3 mètres) en bleu ciel dont j’avais choisi la teinte.
J’ai commencé l’installation et le travail dès le jeudi matin, en amenant l’échelle, les divers ustensiles nécessaires ainsi que les peintures à l’huile (bleu-blanc-rouge-jaune-noir) en boîtes d’un litre, mieux valait en avoir trop que pas assez, les commerces allant être fermés sur les erniers jours de mon travail.
J’avais préparé les avions sur papier calque (j’achetais toujours des rouleaux de 10 mètres, c’était plus rentable), ce qui fait que je ne perdais pas trop de temps pour la mise en scène.
Celle-ci mettait en jeu le Mirage 2000 tireur avec un F-5 monoplace vu à travers son viseur tête-haute et un second F-5F qui allait recevoir la fessée grâce à la maniabilité exceptionnelle du Mirage 2000 encore peu égalée aujourd’hui (merci les commandes électriques).

-travail artistique:
Je ne sais pas si l’on peut parler de travail artistique à cette échelle-là, car pour moi, c’est plutôt du barbouillage organisé.
Je crois me souvenir avoir commencé par le plus compliqué, les F-5, en raison du camouflage deux-tons. La situation aérienne était complexe pour le positionnement du soleil, donc des ombres et lumières. Vu le temps de travail que j’avais devant moi, je ne pouvais pas me lancer dans un décor quelconque qui aurait mangé du temps, essentiellement au niveau du séchage, alors que je n’avais jamais travaillé à une échelle pareille et que je ne savais pas combien de temps la travail allait me demander. Donc, pas de référence sol ou autre.
Après avoir globalement choisi la source lumineuse standard, en haut, afin de ne pas choquer les visiteurs dont certains n’étaient pas navigants, j’ai posé les couleurs de base des deux américains, optant pour les mises en relief plus tard.
Le plus dur a été de faire attention à ne pas toucher la peinture qui séchait lentement, en m’appyant dessus par inadvertance, d’autant que le travail se faisait sur un plan vertical, donc avec risque de coulures. Mais, finalement, l’affaire a été rondement menée en dépit de retards dûs au fait qu’il me fallait prendre un peu de recul de temps à autre (descendre, remonter sur l’échelle), afin de bien doser les dégradés d’ombres et lumières car… le nez sur le travail, à cette échelle, ne favorise pas la cohérence de l’ensemble.
Bref, le dimanche soir, tout était terminé et, comme je me chronomètre toujours lorsque je fait un travail inhabituel, là, j’ai bouclé l’affaire en 45 heures. Et je rentrais, tous les soirs, vers 22 heures.

Les remarques sont nombreuses pour cette première expérience « fresque peinte à l’huile ». Tout d’abord, le choix du contre-jour. Cette fois-ci, l’option n’a pas été judicieuce car l’ensemble est trop sombre et aurait gagné à être beaucoup plus clair. Le camouflage des F-5 se prêtait davantage à la lumière qu’à l’ombre.
Quelques traînées d’avions dans le ciel auraient positivement meublé ce ciel vide et un paysage diffus, en bas, également. Mais ne sachant pas le temps que j’allais mettre, j’avais limité les sujets comme je l’ai expliqué plus haut. Aujourd’hui, j’ai moins de retenue à ce niveau car je connais le temps d’exécution.
Le Mirage 2000 est un peu trop petit et a un cap collision ver le F-5F : pas bon du tout ! Mais avec un bon coup de manche et du pied, il est tout de suite derrière le « Rouge ».
Au final, avec le recul, si la mise en situation est à peine correcte, l’ensemble est relativement nul. Mais je n’ai aucun regret car le vol sur Mirage 2000, prévu en échange, n’a pas eu lieu et on m’a proposé un vol sur MS 760 à la place : j’ai répondu qu’il ne fallait pas exagérer !
En épilogue, la fresque a disparu quelques mois derrière meubles et autres babioles, la pièce servant de débarras, les militaires n’étant que peu sensibles à l’art (mais je ne considérais pas avoir « fait de l’art »). Sans remords ni regrets, donc, de ma part.

En conclusion cette fresque, en tant que « première », est à peine acceptable mais elle m’a permis d’appréhender correctement ce genre de travail particulier par la suite. Car quelques autres ont suivi, sans que cela me perturbe, sinon au niveau du temps que je devais « réserver », les travaux se déroulant parfois loin de chez moi!

JJ
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MessageSujet: Alphajet Patrouille de France   Dim 3 Déc - 15:44



Bonjour à tous,

Le trente-cinquième dessin que je propose est daté du 22 septembre 1984 (dessin 2360/ tableau n°67) : c’était mon premier tableau représentant les Alphajet de la PAF. D’ailleurs, sur la demande du leader et de l’officier technique, j’avais créé le schéma de peinture tricolore en 1980. Comme la famille de mon épouse habitait Salon-de-Provence, je me rendais souvent sur la BA 701 (comme sur celles d’Orange et Istres) et chez la PAF. Bien d’autres tableaux allaient suivre, mais je vous en fais grâce.

« Patrouille de France, allégorie: »

- la mise en scène:
Le travail consistait à présenter plusieurs figures de la PAF et des solos dans une même scène, mettant en valeur la souplesse d’emploi de l’Alphajet. L’avion représentait une révolution certaine en comparaison avec le Fouga Magister, bonne bête de somme qui, néanmoins, manquait de puissance moteur.

-Représentation du sujet:
Il me fallait équilibrer la disposition des formations diverses et, bien entendu, réserver la meilleure place aux solos. Ceux-ci devaient être au centre, à une bonne échelle et les formations devaient « soutenir » visuellement les solos.
A l’époque, je ne trouvais pas de bonne position de l‘Alphajet car il ne me « branchait » pas au niveau d’une représentation visuelle particulière. Pourtant, j’avais l’occasion de le voir tous les jours sur la BA 118 depuis son arrivée dans l’armée de l’Air et le CEAM en avait une petit poignée. Parmi cette poignée, le 14, qui était devenu le prototype « déco PAF » et avion testeur du pod fumigène. Un pilote, ancien des F-84F, s’était porté volontaire pour présenter régulièrement l’avion en vol. Je ne manquais donc pas de positions « 3D » en vol mais rien ne me semblait bon pour un dessin. Sauf le sempiternel 3/4 avant qui donnait un peu d’énergie grâce à la ligne de référence dorsale (quoiqu’un peu inclinée vers l’arrière) et surtout la ligne de référence ventrale. Mais pour mon dessin, cela n’allait pas me servir à grand’chose.
Finalement, j’ai opté pour un éclaté technique de l’avion trouvé dans un magazine de l’époque et dont la position était mieux que rien et, pour la vue arrière, j’ai choisi une photo que j’avais prise de l’avion lorsqu’il passait devant la tour de contrôle. Pour les formations en arrière-plan, je me suis servi de vues de plan, en vol.

-travail artistique:
La densité d’avions au centimètre carré obligeait une mise en place rigoureuse où, finalement, le travail artistique était pour ma part, assez négligeable. Mon idée première avait été de créer un fond bleu-nuit légèrement dégradé sur la droite, toujours avec mon papier « spécial » facilitant les dégradés.
Une fois celui-ci sec, à l’aide des calques, j’ai positionné les formations et les solos de manière à obtenir un bon équilibre entre tous les sujets. Ca n’était pas simple car il devait y avoir aussi la présence du fumigène. Mais bon, j’ai déterminé ce qu’il y avait de mieux, à mon sens du moment.
Au niveau de la peinture de l’ensemble, je voyais plutôt un contre-jour qui, grâce aux surlignages lumineux, pouvait éviter une impression de surpopulation contrairement au choix d’un éclairage standard. J’avais été subjugué, quelques années auparavant, par un tableau qu’un camarade avait ramené d’Abidjan, réalisé par un artiste local. Celui-ci avait été peint avec une peinture fluorescente qui, en pleine lumière naturelle, était agréable à regarder en tant que tableau. Mais toute l’originalité résidait dans la pénombre : la peinture semblait « allumée » pour ne montrer que l’essentiel des formes. Et c’est cet effet que je voulais représenter : dans un endroit peu éclairé, le tableau pouvait donner toujours une bonne impression, grâce aux surlignages lumineux et les bandes blanches de décoration des avions. Néanmoins, depuis, j’ai abandonné, ce genre de travail, trop « particulier ».
Restait ensuite à poser les fumigènes, sachant qu’ils devaient tout de même rester discrets afin d’éviter toute surcharge visuelle. Mais avec une telle représentation, il ne fallait pas rêver non plus !

Mes remarques au sujet de ce travail, sont les suivantes :
- Tout d’abord, le choix d’un fond bleu soutenu n’était pas une bonne option et j’aurais dû choisir un fond plus clair, ça m’aurait facilité la vie quant aux avions. J’avais deux « freins psychologiques » pour ça : j’aime le bleu nuit et le bleu des Alphajet était trop foncé (par rapport à celui que j’avais déterminé, au départ, dans les projets de décos soumis à la PAF et qui n’ont pas été suivis).
Enfin, si j’avais utilisé l’aérographe, l’ensemble aurait montré des contrastes moins prononcés et le visuel y aurait gagné !
- Mon défaut de représenter les lignes techniques de structures était contre-productif au regard du travail artistique, amenant une surcharge (et un travail) inutile.
- la représentation des fumigènes est à peine acceptable mais à l’époque je ne pouvais guère faire mieux.

En conclusion, ce tableau me plaisait bien après réalisation et remplissait bien sa mission : il était souhaitable, toutefois, de l’accrocher dans un endroit lumineux pour éviter la « sombritude » de l’ensemble. L’exercice était périlleux et, avec le recul, je ne m’en suis pas tiré au mieux en raison de mes choix. La dizaine (environ) de tableaux qui ont suivi sur ce thème ont évité ces pièges, pour la plupart.

JJ
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MessageSujet: Tomcat contre Sukhoï   Ven 8 Déc - 13:15



Bonjour à tous,

Le trente-sixième dessin que je propose est daté du 31 décembre 1984 (dessin 2407/ tableau n°70) : un de mes amis était très fan de l’U.S. Navy (lui-même ayant servi dans la Marine Nationale quelques années) et a été très excité par les combats américano-libyens s’étant déroulés quelques mois auparavant.

« F-14A Tomcat versus Su-20: »

- la mise en scène:
Etablie sur les témoignages et vidéo disponibles à l’époque (peu exploitables d’ailleurs), à propos de la rencontre entre deux Su-20 et F-14 le 18 août 1981, j’ai tenté de trouver un moment intéressant de cette scène, réalisable en tableau. Deux Sukhoï ayant succombé sous les coups américains, j’avais le choix, en quelque sorte.

-Représentation du sujet:
Le film « Top Gun » montrait le Tomcat en évolution, avec jeu d’ombres et lumières permettant de sélectionner une attitude en vol, cela m’aidait à placer le F-14 dans une situation pré-établie : restait à positionner le Su-20. Ayant côtoyé les pilotes libyens lors de leur transformation sur Mirage F1 à Mont de Marsan, je savais qu’ils n’étaient pas des foudres de guerre, ce qui m’a été confirmé par les camarades les ayant entraînés sur Mirage IIIE, à Dijon, quelques années auparavant.
Il n’était donc pas question de mettre en situation des évolutions à faire dresser les cheveux sur la tête, mais plutôt trouver une mise en scène « comme si l’on y était ».

-travail artistique:
Pour moi, le travail artistique consistait à mettre en valeur le F-14, avion préféré de mon ami et, un peu plus loin, le malheureux libyen. J’avais bien aimé la scène du F-14, au-dessus de la mer, plongeant sur le zéro : c’était très émotionnellement chargé, de mon point de vue. J’ai donc voulu retranscrire cette scène en haute altitude, comme le combat s’était déroulé.
J’ai positionné le regard du spectateur, sur la scène, comme si on se trouvait en place arrière d’un Tomcat, en patrouille avec l’avion représenté sur le tableau. Cette vue vers le ciel avait l’avantage de montrer le vainqueur qui dégageait sensiblement à l’horizontale, un peu à contre-jour et le vaincu touché par un Sidewinder et dont le temps était compté.

Mes remarques au sujet de ce travail, sont les suivantes :
- toujours la représentation de la fumée qui pose problème. La traînée de condensation du Sukhoï est un peu trop compacte et aurait dû se voir plus diluée sur les bords ainsi qu’un peu plus transparente… réalisée avec une teinte plus bleuâtre, car ce n’est globalement que de la vapeur d’eau !
- Le reflet lumineux sur la cabine est beaucoup trop généreux et j’aurai dû l’atténuer de moitié.
- La traînée du Sidewinder est discutable car il semble qu’elle soit inexistante en fin de course… mais pour la compréhension du dessin, il me fallait la mettre et assez discrète de préférence.

En conclusion, je trouve ce tableau agréable à regarder mais je ne me souviens plus pourquoi, réalisé en « paysage », je l’ai finalement signé en « portrait » ! Peut-être la scène me semblait-elle plus émotionnellement intense en portrait… Je pense, en fait, que l’œil, sans référence d’horizon est un peu dérouté et c’est ce qui donne la possibilité d’un encadrement selon deux options. D’où la nécessité de montrer une référence visuelle, soit par les nuages, soit par un horizon. A vous de voir et, quelques années plus tard, les éditions ATLAS m’ont fait traiter le même sujet : j’ai alors choisi une mise en scène « vue de dessus » la mailloche, avec le désert en arrière-plan : peut-être le posterais-je plus tard, en temps et en heure.
JJ
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MessageSujet: Super Dupont   Ven 15 Déc - 1:23



Bonjour à tous,

Le trente-septième dessin que je propose est daté du 20 janvier 1985 (dessin 2410/ tableau n°71) : né d’un ras-le-bol des super héros américains et de mon anti-américanisme naissant que j’assume complètement. A cette époque, mes enfants et moi regardions la série « Galactica » et je me suis dit que proposer un Français dans un engin spatial, plus ou moins inspiré de la série serait amusant comme contre- culture.

« Super Dupont: »

- la mise en scène:
Il me fallait mettre l’engin complètement inventé, au premier plan, pour bien lire l’inscription car c’était le but du tableau. Comme les Français ne sont pas plus mauvais que les autres, l’engin inter-galactique devait être vainqueur d’un autre engin inter-galactique. Afin de rester dans le « conventionnel », la zone à représenter était plus ou moins inspirée de ce que montrait la série.

-Représentation du sujet:
Comme écrit au-dessus, il me fallait placer « l’engin » Super Dupont en premier plan de manière à bien lire l’inscription. Bien que dans l’espace où il n’y a pas d’horizon, je n’ai pas voulu représenter l’engin cul-par-dessus-tête, mais dans une position relativement compréhensible par tout spectateur, ainsi que l’engin des méchants, filant vers l’infini en traînant fumée et boulons. Quelques planètes, étoiles et le vide inter-sidéral complétaient le tableau, comme on dit.

-travail artistique:
J’ai utilisé le même papier que d’habitude pour ces tableaux où le fond doit être bien dégradé, sans accoups grâce à ma fidèle brosse-à-habits en poils de sanglier. En effet, je n’utilisais toujours pas d’aérographe.
Pour moi, le travail artistique se situait au niveau de l’engin : il fallait le rendre cohérent en comparaison avec ce que l’on avait l’habitude de voir ici ou là. J’ai donc réalisé un engin « scout » selon la définition des britanniques : un truc fureteur de reconnaissance, avec pod ad’hoc et équipements de contre-mesures (ils étaient inspirés de que les Jaguar portaient à l’époque) et d’antennes IFF, comme on les voyait sur les avions soviétiques de l’époque. Canons laser et « propulseur » anti-gravitationnel sorti de mon imagination, moyennement fertile, ont finalisé la représentation à contre-jour, car j’étais « très » dans cette option à cette époque.
Il fallait ensuite trouver un camouflage pour faire guerrier : j’ai choisi celui-là, inspiré de quelques avions allemands chasseurs de nuit. Quant à l’insigne, je ne me suis pas foulé : j’ai repris celui de l’OTAN, qui ornait les Fiat G.91 et Atlantic dans les années 60 . Les États-Unis d’Europe (dont je suis fervent adepte depuis les années 60) contrebalançant les États-Unis d’Amérique : on se se refait pas !

-Mes remarques au sujet de ce travail, sont les suivantes :
- Globalement, je ne m’en suis pas trop mal sorti et l’ensemble ressemble à ce que je voulais représenter.
- Le reflet lumineux sur la cabine est beaucoup trop généreux, comme à l’accoutumée et il aurait gagné à être moins contrasté. Tout cela sera réglé dans quelques années avec l’utilisation de l’aérographe (dès juillet 1987).
- La représentation de la fumée, pour une fois, est acceptable de mon point de vue.
- Enfin, le seul bémol que je trouve concerne le système de propulsion aurait mérité une autre représentation, plus conventionnelle type tuyère, mais c’est de la science-fiction alors, j’avais le choix de représenter ce que je voulais.

En conclusion, ce tableau m’amuse toujours et il représente une certaine dérision ou un manque de prise au sérieux : absence de melon, quoi. Il m’est arrivé de le sortir en public où il a dérouté les spectateurs à chaque fois : sourire et/ou étonnement étaient les réactions habituelles. Mais bon, c’était aussi le but…
JJ
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MessageSujet: Sous-marin fantôme...   Mer 20 Déc - 20:43



Bonjour à tous,

Le trente-huitième dessin que je propose est daté du 10 novembre 1985 (dessin 2595/82), destiné au Service d’information militaire espagnol… qui ne l’a jamais eu, ni moi mon vol en place arrière sur F-4C, en échange.

« Sous-marin fantôme: »

- la mise en scène:
Le détroit de Gibraltar étant un lieu de passage fréquenté par de nombreux navires, je me suis inspiré d’histoire racontées par les équipages de Mirage IVA qui venaient « dire bonjour » aux navires espions « Rouges » en Atlantique, mer du Nord et Méditerranée.

-Représentation du sujet:
A l’époque, le F-4C, bien que datant un peu, restait un formidable avion de combat au sein de l’armée de l’Air espagnole. Comme j’aime (toujours) bien le F-4C (parce que « Vietnam », on ne se refait pas) J’ai imaginé une patrouille venant saluer un gros sous-marin soviétique (Classe-3, je crois, mais je n’y connais pas grand-chose) en transit par le détroit, à moitié immergé. L’un, un peu haut, pour photographiquement immortaliser la bête et l’autre, un peu bas, pour faire goûter à l’onde de choc.

-travail artistique:
La mer a été réalisée avec toujours la même méthode, sur le papier ad’hoc. Le décor une fois prêt, les sujets ont été posés, l’un après l’autre afin de gérer une mise en place visuellement intéressante. Pour rendre la scène vivante, j’ai choisi un éclairage d’un soleil matinal ou fin de journée afin que l’aile du F-4C projette son ombre sur le fuselage.

-Mes remarques au sujet de ce travail, sont les suivantes :
- Si l’ensemble est intéressant, la représentation du sous-marin est discutable.
- Le reflet lumineux sur la cabine du F-4 au premier plan est à nouveau trop contrasté.
- La représentation des vortex est trop accentuée et aurait méritée plus de discrétion.
- Enfin, le grosse bourde se situe au niveau de la représentation des vagues. En effet, n’étant pas marin, je ne connaissais que les vagues en bord de plage : et c’est ce que j’ai représenté ! Et c’est après avoir sorti ce dessin en exposition, en Bretagne, après avoir beaucoup vu de sourires et parfois des rires, qu’un camarade m’a expliqué qu’en mer ça n’était pas comme ça. Pourtant, ça me plaisait bien, ces vagues qui défilent comme à la parade… Et le rouge au front, je n’ai plus ressorti ce « chef d’œuvre ». J’ai compris la leçon et, plus tard, en faisant quelques survols maritimes à des hauteurs différentes, j’ai bien enregistré les représentations futures que j’aurais à faire de l’océan.
- Le Phantom au premier plan est encore trop détaillé et aurait dû présenter moins de lignes de structures, ou tout au moins plus discrètes, pour mettre en valeur l’avion lui-même.
- le Phantom du bas… est trop bas et trop près du sous-marin : risque de collision !

En conclusion, si ce tableau reste original pour moi, il est truffé de bêtises qui ne soutiennent pas un regard plus attentif : une daube, quoi. A refaire en mieux.
JJ
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