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 ANALYSE d'une PROGRESSION

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jean-jacques petit
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MessageSujet: Curtiss H75C-1   Sam 19 Aoû - 12:40



Bonjour à tous,

Le huitième dessin que je propose est daté du 23 décembre 1964, soit le 76° dessin que j’ai enregistré. Il fait toujours partie de la série « avions de la 2° Guerre Mondiale », série « USA ».

« Curtiss H.75-C1 Hawk » :

Cette scène a été réalisée sur papier gris-bleu semi-dur, à la gouache.

-Tout d'abord, la mise en scène:
-On ne peut pas parler de mise en scène pour ce genre de dessin,

-Représentation du sujet:
- Cette vue ne vise qu’à montrer l’aspect général des formes de l’avion.

-Travail artistique :
- Si je présente ce dessin, c’est qu’il une particularité. En effet, c’est le premier sur lequel j’ai travaillé les ombres et lumières des volumes de l’avion et ce, sur chaque couleur. Un progrès par rapport aux précédents. En effet, chaque teinte présente un éclaircissement et une ‘sombritude’ selon le volume et l’endroit de l’avion. Excepté sur le plan fixe horizontal… que j’ai dû oublier.
En revanche, je n’étais pas encore dans la phase « fondu entre les différentes teintes ».

Au niveau du travail artistique, j’aurais dû m’appliquer à bien « coller » les cocardes (fuselage au moins) sur les surfaces.
- Si le rouge des cocardes d’ailes est bien sur le bombé de l’extrados, les disques blancs et beu-ciel le sont moins.
- Le fondu des pales d’hélice est nul, il n’y a pas d’autre mot : mais je ne savais faire que ça, à l’époque, selon les conseils de mon paternel !
- Nulles aussi les fumées des mitrailleuses sur l’extrados. Ca, ça vient aussi de mon père qui avait travaillé, tout jeune (16 ans en 1940) dans une usine de réparations d’avions revenus d’opérations troués et avait remarqué ça, me poussant à peindre ces fumées sur les ailes « pour faire vrai », comme lui faisait sur ses dessins.
- Et ces foutus effets de vitesses en blanc, qui gâchent l’avion. Comme précisé auparavant, j’ai mis beaucoup de temps à me défaire de ça et en transférant la vitesse sur le décor.
- Enfin, le pilote aurait mérité un peu plus de soin… mais j’ai toujours été relativement nul en personnages. Sinon, j’aurais volontiers fait un peu de BD, d’autant que j’avais pondu un scénario, dans le temps, qui pouvait « le faire » !

En conclusion, cette scène est dynamique. Représentée de manière « allégée », elle aurait méritée plus de détails sur le décor notamment. Ca n’est pas du grand art mais ça dit ce que ça veut dire. violon

JJ
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Limadefois
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MessageSujet: Re: ANALYSE d'une PROGRESSION   Sam 19 Aoû - 16:30

Bonjour,

Vos dessins me font penser à ceux de Louis.......PETIT !!!! (Le monde est "petit" mais quand même.....)
J'adore ce côté rétro, juste ce qu'il faut, le regard attiré que par l'avion.
Super.....
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jean-jacques petit
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MessageSujet: Re: ANALYSE d'une PROGRESSION   Sam 19 Aoû - 17:19

Il est possible que mon père, autodidacte comme moi, ait été influencé par Louis Petit dont les dessins ornaient quelques magazines aéro des années 30. Je dois en avoir quelques pages découpées par mon paternel. Si je remets la min dessus, je les posterai. Et il m'a transmis quelques "façons de faire".

Je viens de regarder le dossier de mes dessins pour sélectionner les futurs à poster, ceux qui montrent une évolution. Je suis tombé sur le premier sur lequel j'ai supprimé les filets de vitesse: je me souviens m'être trouvé désezmparé devant une telle façon de faire, mais ça m'a aussi ouvert des horizons! J'ai tenu bon et mon travail a évolué. Mais je raconterai ça au fur et à mesure, car je crois que quelques dessinateurs amateurs vont se retrouver dans ce cheminement. Être doué est une chose, le travail, essentiel, en est une autre!

Je n'ai jamais regretté de ne pas avoir suivi le conseil de ma superbe prof de dessin, en 6°, de ne pas faire les Beaux Arts: le dessin industriel m'a apporté bien plus, tant dans la compréhension de l'aviation que dans la rigueur du dessin.

JJ Silly
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jean-jacques petit
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MessageSujet: Re: ANALYSE d'une PROGRESSION   Jeu 24 Aoû - 10:04



Bonjour,

Je n'ai pas encore retrouvé de dessins "louis Petit" (à priori, rien à voir avec ma famille) mais je cherche... mollement! Il devait dessiner, en autres, pour le magazine "les Ailes", je crois.

Bonjour à tous,

Le neuvième dessin que je propose est daté du 19 mai 1966, soit le 120° dessin que j’ai enregistré, réalisé à environ un moins de mes 17 ans.

« USS Forrestal CVA 59 » :

Cette scène a été peinte à la gouache, sur papier cançon, papier extrait des cahiers dessin vendus dans le commerce à cet effet, format 235x320 mm.

-Tout d'abord, la mise en scène:
-J’ai choisi cet angle pour travailler les ombres et lumières, pas évidentes sur un bateau. Voulant être « en action », cette vue met en scène plusieurs sujets, en vol et « au sol ».

-Représentation du sujet:
- Cette vue ne visait qu’à montrer la complexité des marquages et la peinture du pont en plus du jeu d’ombres.
Je venais en effet d’acheter la maquette Revell du PA Forrestal ainsi que la maquette du Cutlass, avion qui m’avait impressionné à l’époque ! Peut-être Buck Danny y était– il aussi pour quelque chose.

Une erreur de représentation a été faite concernant la scène, que j’ignorais à l’époque : le circuit de piste, sur porte-avions, se situe par une arrivée sur la droite (tribord, je crois) du porte-avions puis virage à gauche pour se mettre en vent-arrière sur la gauche du PA (babord donc) puis, après avoir effectué les actions vitales (train-volets-crosse), virage toujours à gauche pour s’aligner sur le miroir d’appontage en vue d’accrocher le brin.
Mais quand on ne sait pas.
En conclusion, le Cutlass est mal placé, à moins d’effectuer un passage verticale.

-Travail artistique :
- Comme précisé plus haut, le choix a été fait pour travailler les ombres et lumières car, du haut de mes 16 ans révolus, je me sentais de plus en plus à l’aise avec ça, notamment dans l’utilisation de la gouache et je voulais « verrouiller » l’affaire.
Si je me souviens avoir ressenti une grande satisfaction lorsque j’ai eu terminé le boulot (qui m’avait demandé une journée), mais avec le recul, je me rends compte que j’avais déjà le défaut d’utiliser des couleurs très crues et non pastel pour travailler les profondeurs de champ. J’ai encore ce défaut aujourd’hui et, parfois, en luttant contre celui-ci, j’agis à l’inverse ! Dur-dur d’être peintre amateur autodidacte.
Le rendu du bouillonnement des hélices du bateau est à peine correct et je ne pratique plus comme ça aujourd’hui. Les rotors de l’hélicoptère (HUP-2, mais il faut le savoir !) est trop prononcé : de simples ellipse en jaune « basse-visibilité » auraient suffi. Les effets de vitesse du Cutlass sont à hurler, tout comme les sorties de tuyère. Pour ces dernières, c’est l’effet que j’avais trouvé pour donner de la vitesse, inspiré de diverses BD. Quelques dessins plus tard, les filets d’air en blanc disparaîtront au profit des ces longues flammes type « lampe-à-souder » ! Mais ce sera encore trop et long à supprimer.
Tous les traits sont réalisés à main levée (c’était pas gagné !). Deux ans plus tard, grâce aux conseils de mon prof de dessin industriel, les traits seront réalisés à la gouache passée au tire-ligne : ce sera un progrès pour moi et je l’utilise toujours aujourd’hui.
Enfin, je me rends compte que, n’étant pas à l’aise avec la représentation des individus, je délaissais volontiers l’activité humaine dans mes travaux ce qui prive, pour ce Forrestal, le pont de vie. Dommage.

En conclusion, cette scène est dynamique. Représentée de manière assez « allégée », elle aurait méritée plus de détails, sur le décor notamment. Ça n’est pas du grand art mais ça dit ce que ça veut dire.

JJ
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jean-jacques petit
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MessageSujet: l'ère du Vietnam débute artistiquement   Lun 28 Aoû - 11:17



Bonjour à tous,

Le dixième dessin que je propose est daté du 22 juin 1966, soit le 127° dessin que j’ai enregistré. Enfin, si on peut appeler ça un dessin !

« Nord Vietnam » :

Cette scène a été crayonnée, sur papier Cançon provenant d’un cahier de dessin disponible dans le commerce, à cet effet, format 235x320 mm.

-Tout d'abord, la mise en scène:
- Cette scène m ‘est venue à l’esprit en lisant le journal, comme je le faisais quotidiennement pour avoir les « nouvelles du front » à l’époque.
Voulant être « en action », la vue met en scène les sujets impliqués dans le combat de la journée du mercredi 22 juin 1966» (1). La mise en place des avions est tout à fait imaginaire.

-Représentation du sujet:
- Étant, à l’époque, complètement néophyte en combat aérien moderne, ce positionnement me semblait réaliste, d’autant qu’il présentait de l’énergie.
Aujourd’hui, je sais que c’est plus compliqué au niveau des interceptions, car entrent en jeu les détections amis-ennemis par les stations radar au sol, en vol et ensuite les acquisitions avec les radars des chasseurs. La fin de combat se déroulant en général, à cette époque, à vue, comme en 14-18 : les missiles ayant en effet un taux de réussite avoisinant les 30%. C’était pour cela que le F-4E a été créé, que les balourds F-105 tiraient leur épingle du jeu et, surtout, que les F-8 Crusader « tenaient le haut du pavé » !

-Travail artistique :
Il y a peu de travail artistique car c’est un crayonné « à l’emporte-pièce » sur un coup de cœur, réalisé au crayon HB. En revanche, à l’étude, il s’avère que j’ai mal positionné la source de lumière… qui vient du bas ! Du coup, les deux Crusader du bas ont les ombres inversées par rapport à ce qu’elles auraient dues être.

Authenticité :
La dépêche AFP de l’époque stipulait :
- le mercredi 22 juin 1966, quatre Crusader du USS Hancock ont attaqué quatre MiG 17 et un avion a été abattu dans chaque camp.
N’ayant aucune information sur l’unité, j’ai inventé les codages des avions : si je ne me souviens plus du choix des numéros escadrille mais « PP » a été choisi pour les initiales de mon père Pierre Petit. Ca tombait bien, c’était aussi un code de Crusader… mais de reconnaissance !
Aujourd’hui, avec les informations disponibles, je suis en mesure de préciser les choses : en fait, l’US Navy revendique deux MiG 17, l’un abattu aux canons par le Lt Chancy (F-8E BuAer 150924- 104NP) et l’autre au Sidewinder par le Lt Vampatella (BuAer 150867-101NP). Ce qui fait que le missile tiré par le 205PP, sur mon dessin, va faire mouche !
Comme quoi, la presse ne diffuse que ce que les militaires lui donnent. D’autant que le jour de ce combat était… le 21 juin.

En conclusion, si cette scène est dynamique elle n’a de but que de témoigner d’un événement arrivé à un moment donné, avec les infos disponibles.

(1) Un petit aparté pour situer l’époque au niveau géopolitique, pour ceux que ça peut intéresser.
A cette époque, l’offensive idéologique communiste battait son plein. Débutée en octobre 1917 en Russie, puis un peu « oubliée » pendant la deuxième guerre mondiale, l’offensive idéologique politique communiste a repris dans les mois qui suivirent la paix de 1945. L’OTAN est née de cela comme son pendant, le Pacte de Varsovie qui donna naissance au Rideau de Fer.

Au milieu des années 60, ça pétait de partout : en Malaisie (Bornéo, Singapour etc) avec les Britanniques qui faisaient parler la poudre contre les rebelles communistes, au Vietnam avec les communistes du Nord Vietnam, en Syrie-Liban, Égypte, Algérie, Aden etc. la plupart du temps avec une main « rouge » derrière (financement, matériel, instructeurs). De leur côté, les USA procédaient de même mais commercialement, leur idéologie étant plus le commerce et le billet vert.
L’ONU est alors intervenu au Sud Vietnam à la demande du gouvernement de ce pays, ce qui a mis en place une locomotive (USA) et les wagons de l’ex OTASE (équivalente à l’OTAN, dissoute depuis le 30 juin 1977) comme l’Australie, la nouvelle Zélande, la Thaïlande etc. La France s’est retirée de l’organisation en 1967.
S’en est ensuivi une pétaudière locale mais aussi internationale via les partis communistes implantés dans les pays impliqués ou sympathisants. Une anecdote m’est revenue en mémoire lors de la rediffusion sur le câble, ces jours-ci, du film « Bérets Verts » avec John Wayne.
Lorsqu’il est sorti en France, j’ai couru le voir et je l’ai trouvé assez réaliste et pas tendre au niveau des deux camps. Au point que le Parti Communiste Français s’est bien fait entendre par voie des médias, via les manifestations diverses afin que le film soit retiré de l’affiche. Il l’a été au bout d’une semaine. En effet, le PCF et les Vietminh (leader Ho Chi Minh) ne voyaient pas d’un bon œil que l’on montre leur façon d’agir sur le terrain, car ils voulaient qu’on les considèrent comme victimes de l’impérialisme occidental, que l’inverse.
Comme cette guerre quotidiennement était très médiatisée par les Américains, au journal de 20 heures sur la chaîne TV française nationale, on y voyait des films tournés là-bas, au sol, sur mer ou en vol. Des reportages dans l’émission « 5 colonnes à la Une » montraient « le terrain » aussi.
Des ciné-caméras de victoires aériennes étaient régulièrement diffusées et de là venaient quelques idées pour mes dessins.
En revanche, de là est venue aussi ma méfiance envers ce que la TV montrait. En effet, un jour, à la fin du journal de 20 heures, je vois une séquence, brève, d’un Grumman F-11F Tiger en straffing roquettes ! Comme j’ignorai que les Américains les avaient mis en service au Vietnam, j’ai écrit à l’ambassade US pour avoir des précisions (ils étaient sympas, à l’époque) :
- « ils n’étaient pas en service au Vietnam », m’ont-ils répondu.
C’étaient donc des images d’archives, comme on dit. Mais depuis, je suis suspicieux envers tous ces reportages « pris sur le vif » !
Voilà, ça vous donne une idée de ce que les fanas d’aviation pouvaient ressentir à l’époque… en dehors de la musique des Rolling Stones, des Beatles ou Johnny Halliday.

D’aucuns diront que rien n’a changé : si, l’idéologie communiste a cédé la place à l’idéologie religieuse, avec autant de conviction. D’une certaine façon, l’Histoire se répète.

JJ
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MessageSujet: Re: ANALYSE d'une PROGRESSION   Lun 28 Aoû - 16:29

Je suis toujours avec attention tes "débriefs" Wink
Intéressant de voir l'évolution des illustrations ! On croirait voir les couvertures des premiers Buck Danny Cheers
(mention spéciale au curtiss clap! )
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jean-jacques petit
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MessageSujet: Re: ANALYSE d'une PROGRESSION   Lun 28 Aoû - 19:45

Je pense que lorsqu'on est débutant comme je l'ai été, nous avons tous des modèles. Si, aujourd'hui, nous avons l'embarras du choix dans les styles et les dessinateurs mais, dans les années 50, nous n'avions que Buck Danny et, début 1960, Tanguy et Laverdure.

Au risque de faire grimacer, j'aimais bien aussi Hergé, notamment avec les Mosquitos ("au pays de l'or noir", je crois): mais là, c'est un parti pris, car j'adore cet avion! Indépendamment de cela, Hergé saisissait bien l'essentiel des formes et restituait avec minimalisme la personnalité des avions. Pour débuter, s'inspirer de ce travail était idéal à l'époque. Après, avec l'aisance acquise, on pouvait laisser parler la personnalité du dessinateur.

Et merci pour l'intérêt porté à mes débriefs... il va y en avoir encore d'autres, surtout en peinture.

JJ
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MessageSujet: Re: ANALYSE d'une PROGRESSION   Lun 28 Aoû - 20:11

Allez-vous par ailleurs nous présenter des travaux récents (sur un autre sujet du forum par exemple) ? Je trouve amusant et attendrissant de voir la progression de toute une vie, mais je trouve qu'en terme de partage d'expérience, certains peut-être, dont moi, aimeraient aussi découvrir vos dernières créations.
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jean-jacques petit
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MessageSujet: Re: ANALYSE d'une PROGRESSION   Lun 28 Aoû - 21:05

C'est prévu dans "la progression"... car je préfère rester là, c'est plus cohérent à mon sens. il m'est arrivé de poster quelques travaux récents sur le forum par le passé, mais j'avoue ne pas avoir regardé s'ils y étaient toujours.

Par ailleurs, il faudra patienter un peu pour voir quelques récentes et dernières créations, mais heureusement que je ne poste pas tout ce que j'ai fait... mais seulement les changements de style.

Il y aura en effet peut-être plus de "récents" que d'anciens dans le futur, quoique parmi les anciens, la plupart de ceux que j'affectionnais particulièrement ont été vendus. Sauf un: un F-105. Mais celui-là, il faudra me passer sur le corps pour l'avoir. Il sera (peut-être) posté dans "la progression", car je le montre peu.

Voilà, je tiens à ne pas brûler les étapes, c'est tout l'intérêt de ce post. violon

JJ Silly
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jean-jacques petit
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MessageSujet: Re: ANALYSE d'une PROGRESSION   Sam 2 Sep - 12:13



Bonjour à tous,

Le douzième dessin que je propose est daté du 2 juillet 1966, soit le 133° dessin que j’ai enregistré. Guerre du Vietnam encore, preuve de l’intérêt de cette guerre aérienne hyper médiatisée dans ces années-là !

« Combat aérien du 29 juin 1966 : le récit de l’action   »:

La dépêche AFP, publiée dans le journal Le Figaro (le plus objectivement complet sur le sujet, à mon goût),  relatait sur plusieurs colonnes, le double raid américain de l’USAF sur des dépôts pétroliers en périphérie d’Hanoï (Gia Lam) et Haïphong, vers midi.
Radio Hanoï annonçait avoir abattu sept avions américains : quatre à Hanoï et trois à Haïphong. Il était précisé que les raids comprenaient des F-105 et des avions de la Navy provenant des USS Constellation et Ranger (Douglas A-4). Un Skyhawk avait été abattu, reconnu par les USA et le pilote Cpt Murphy Mc Jones (28 ans, de la Louisiane) avait été présenté à la presse, traité comme « criminel de guerre ».
En fait, il n’y avait eu aucune déclaration de guerre de la part des USA envers le Nord-Vietnam, ce qui impliquait cette qualification d’agresseur. De leur côté, les Nord-vietnamiens considéraient comme normal leur agression du Sud, dans le but de réunifier les deux Vietnam. Tout est affaire d’appréciation… comme le montrait la déclaration de Ho Chi Minh à la suite de ce raid.

Deux formations de F-105D ont ciblé les dépôts de carburant de Gialam, protégés par un quartet de F-105. Ce dernier a rencontré une escadrille de MiG 17 et le combat aérien de l’USAF s’est déroulé à environ 48 km au nord de Hanoï. Le commandant Fred L. Tracy a abattu un MiG puis a été touché, selon la dépêche de l’AFP. Du côté vietnamien, on revendique un F-105 abattu ce jour-là.
On pourra constater quelques divergences avec le récit du combat par les Américains, ci-dessous, si toutefois celui-ci est bien conforme à la réalité.
Du côté américain, on admet que deux patrouilles de F-105 du 388 TFW ont été attaquées par les MiG 17 ce jour. Le F-105D 58-1156, piloté par le major Fred Tracey a été touché par le tir d’un MiG, dont un obus qui a traversé la cabine. Par réflexe, le pilote a coupé la PC et réduit les gaz. Le MiG est alors passé devant et l’Américain a tiré à vue sur le Vietnamien (le viseur avait été endommagé) qui a été touché à l’emplanture de l’aile gauche. Le MiG a été par la suite homologué.
Ce raid donnait matière pour plusieurs dessins, dont celui que je poste réalisé d’après les infos de la dépêche AFP, réalisé à la gouache, toujours sur papier Cançon provenant d’un cahier de dessin disponible dans le commerce, format 235x320 mm.

-Tout d'abord, la mise en scène:
- Le MiG 17 ayant toujours eu un certain attrait pour moi, détrôné ensuite par le MiG 21MF, j’ai voulu le mettre en premier plan, d’autant qu’il était le vainqueur du combat.
Comme les avions de chasse à réaction, en général, ont une allure très « agressive et taillée pour la vitesse », les angles de vue les plus favorables à la mise en valeur sont le ¾ avant ou arrière. Afin de montrer que le perdant, au loin, était un F-105, il me fallait le positionner un peu de profil afin que l’on reconnaisse bien la victime. L’Américain ayant obtenu une victoire, j’ai situé celle-ci dans un coin, dans le sens du vol.
En ce qui me concerne, avec le recul, la mise en scène reste acceptable aujourd’hui, tant mettre en scène des avions rapides qui ont besoin d’espace pour évoluer, n’est pas chose aisée.

-Représentation du sujet:
- A cette époque, rien ne transpirait sur les avions nord-vietnamiens et, ne disposant d’aucune photo correcte, j’ai été réduit à interpréter les décorations. Toutefois, j’ai dû me servir d’une photo quelconque, vue probablement dans le journal, car les numéros peints sur le nez étaient assez particuliers au NVN.
Il faudra attendre le début des années 70 pour qu’une équipe du magazine japonais Koku-Fan se rende au Nord-Vietnam et y prenne quelques photos couleur pour que l’on découvre réellement à quoi les avions ressemblaient. Pour le reste, les photos diffusées provenaient de l’agence officielle nord-viernamienne ou de l’USAF, issues des caméras des avions. Au milieu des années 70, une fois la guerre du Vietnam pliée, les ouvrages issus des participants ou des passionnés d’aviation militaire (je pense à la série « in action ») commençaient à être disponibles en quantité.

-Travail artistique :
Comme à mon habitude de l’époque, le décor était spartiate. A peine un peu de bleu ciel pour montrer qu’il était là, le reste en blanc, comme je voyais faire mon père lorsqu’il peignait (d’ailleurs, il ne peignait quasiment plus depuis le début des années 60).
Aujourd’hui, je m’oblige à peindre tout le décor avant d’y inclure le sujet principal, puis les sujets secondaires, m’attachant à ce que le dessin soit « regardable », donc fini, avant d’attaquer le sujet principal (avions, bateaux etc.), souvent le lendemain.

La raison qui me fait poster cette peinture tient dans la représentation métallique du MiG. C’est en effet la première fois que je représentais les surfaces métalliques en tentant un aspect artistique : emploi de plusieurs couleurs, effets de fondu entre les teintes, adoption des teintes bleutées pour le dessus et « terre » pour le dessous. Je procède encore ainsi actuellement.
La cabine est toujours interprétée en « transparence », mais j’y ai ajouté un effet blanc pour le reflet du soleil. Ca aussi, je l’ai conservé aujourd’hui, plus élaboré, bien sûr.
Pour l’avion abattu, je me suis inspiré de ce que je voyais à la TV lors des informations : boule de feu et beaucoup de fumée, le tout très contrasté. C’est une façon de faire que j’ai conservée et aujourd’hui, je tente de nuancer les variations de teintes afin de donner du réalisme. Parfois j’y arrive, parfois non.
Quant aux cocardes (étoiles jaunes bordées rouge), elles étaient la représentation de la cocarde officielle connue à l’époque. Elles étaient bien sûr différentes dans la réalité, mais fallait-il le savoir. Ce sont les premières images de victoires aériennes en gros plan qui montreront les marquages officiels. En ce qui concerne leur application sur les surfaces, fuselage et aile, je trouve que je suis pas trop mal débrouillé pour l’époque (j’avais 17 ans) car, en dessin, les étoiles ne sont pas faciles à coller sur des surfaces arrondies.
Enfin, les détails de structure du MiG sont bien –trop- marquées, ce qui démontrait déjà mon intérêt (conservé depuis) pour tout ce qui était technique et plans. Je me souviens d’ailleurs que, plus jeune, je reproduisais souvent les plans dans les livres scolaires de géographie ! Ils me fascinaient.
Si ces lignes de structures étaient trop contrastées à l’époque, aujourd’hui je me force à avoir la main plus légère et à trouver d’autres artifices pour suggérer les lignes de structure. Éternel combat de l’artiste pour s’améliorer.

Pour conclure, cette scène pétaradante était à la hauteur de mon imagination du moment et, je pense, pas très éloignée de la réalité de l’époque!

JJ
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jean-jacques petit
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MessageSujet: Re: ANALYSE d'une PROGRESSION   Mer 6 Sep - 10:32

le modèle

l'interprétation du modèle

Bonjour à tous,

Le treizième dessin que je propose est daté du 6 juillet 1966, soit le 137° dessin enregistré. Encore un dessin concernant la guerre du Vietnam, témoin de l’intérêt de ce conflit hyper médiatisé à cette époque-là ! Ce dessin était fortement inspiré ‘une couverture de Paris Match de l’année 1965, postée pour comparer avec ce que j’en ai fait.

« Appui-feu lors de l’attaque vietcong de la place forte de Plei Me, le 19 octobre 1965   »:

- la mise en scène:
- La scène est donc une interprétation d’une couverture de Paris Match que je trouvais idéale, pour moi, comme idée de dessin. La photo ne montrait que les soldats américains et j’ai ajouté un Skyraider en action : les avions faisaient partie du paysage vietnamien, si l’on peut dire et le Skyraider en particulier. J’ai supprimé quelques soldats car j’avais l’impression, sur la photo, qu’ils étaient plutôt au spectacle qu’en action. C’est certainement aussi la raison pour laquelle le photographe s’était tant posté à découvert.

-Représentation du sujet:
- Paris Match réalisant de nombreux reportages lors de la guerre du Vietnam, les idées ne manquaient pas pour réaliser des dessins. Comme je peignais (très) rarement des scènes avec des personnages, je me suis lancé dans celle-ci qui m’inspirait assez, un peu comme un défi. C’était l’occasion où jamais. La photo manquant de « dynamisme », j’ai immédiatement pensé à ajouter un avion d’appui-sol pour combler le vide.
Toutefois, si la représentation est honnête, le Skyraider, entre autres, aurait mérité un peu plus d’attention car, au niveau du marquage, il y a belle erreur ! En effet, les codes de queue, sauf exception, étaient partagés en « Ax » pour l’Atlantique & Méditerranée (6° Flotte) et « Nx » pour le Pacifique et Océan indien (7° Flotte). Pour les unités de la Navy stationnées à terre et les Marines, c’était autre chose.
En revanche, j’aurai dû penser aussi à accroupir le responsable de section qui ressemble à l’indestructible Rambo, sous la mitraille ! Et aussi rajouter un soldat en plus, voire deux car la scène est un peu vide.

-Travail artistique :
J’ai essayé de travailler le décor mais sans résultat probant : il n’y a pas de profondeur de champ (alors que sous les tropiques, l’humidité accentue les arrière-plans comme le montre la photo), la forêt aurait mérité un peu plus d’attention que ces gros pâtés verts, le sol est nul tant il manque de relief. J’aurais aussi pu ajouter des détails (cailloux, herbe etc.) d’autant que j’ai détaillé les caisses… et les poils sur le bras du tireur !
Ensuite, les armes sont restituées comme les connaissances que j’avais à l’époque : très légères, voire nulles.
Les soldats manquent cruellement de relief car, si j’ai bien peint les ombres, la luminosité des surfaces sous le soleil est absente alors qu’elle est évidente sur la photo. Mais peut-être ai-je voulu montrer que les uniformes camouflés étaient efficaces !

Pour conclure, partant avec enthousiasme sur cette bonne idée, j’ai terminé, je dois l’avouer, avec une sensation de déception car ça ne ressemblait pas du tout à ce que j’avais en tête. Aujourd’hui, je comprends mieux ce ressenti car cette scène, au départ très intéressante, a été sabotée par manque de volonté (de travail) et de savoir-faire, méritant tout de même beaucoup mieux que ce que j’en ai fait. A refaire donc et plus sérieusement.
JJ
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jean-jacques petit
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MessageSujet: Re: ANALYSE d'une PROGRESSION   Lun 11 Sep - 11:35



Bonjour à tous,

Le quatorzième dessin que je propose est daté de décembre 1966, soit le 144° dessin enregistré. Celui-ci inaugurait une nouvelle ère, si je peux dire, car il était le premier d’une petite série de dessins consacrés au livre que mon père venait d’écrire (« Ciel de gloire », roman) retraçant l’histoire d’un pilote de Morane 406, puis de D 520 lors de la bataille de France. Il m’avait demandé d’en réaliser quelques illustrations à inclure dans ce livre, dans la manière de que présentait « Le grand cirque » de Closterman. Il était aussi, de fait, le premier d’une nouvelle génération de dessins réalisée avec plus « de sérieux » dans tous les domaines, maturité aidant (j’avais alors 17 ans d’âge).

« Do 17P-2 abattu par un Morane 406 de l’escadrille (fictive) des Gerfauts »:

- la mise en scène:
- La scène montre la victoire du pilote du roman, sur un Do 17P2, avion de reconnaissance rapide et bien armé de la Luftwaffe, en mai-juin 1940. Cette victoire, devant être sans contestation, montre l’avion allemand troué comme une passoire avec le réservoir d’essence touché (vapeur blanche) et le moteur également (fumée noire).
Ce Dornier 17P2, avion de haute altitude, se trouve ici à moyenne altitude si j’en crois le paysage que j’ai peint avec une relative précision. Le problème de la représentation de cette scène était que l’altitude de prédilection du Morane 406 ne permettait pas d’aller « chercher » les Dornier si haut : on peut donc penser qu’un problème technique ou une grande confiance en soi avait fait voler les Allemands à une altitude moyenne.

-Représentation du sujet:
- La représentation montre l’action de manière idéale avec un ennemi neutralisé au point que le Morane puisse se permettre de voler en patrouille sous le feu (inexistant) du mitrailleur supérieur. Sur ce plan-là, rien à redire.
Le 3/4 avant permet de donner de l’énergie à cette scène. En conséquence et dans un élan de chauvinisme indiscutable de ma part, le Morane devient, lui aussi, très rapide alors que bien souvent, ils avaient du mal à rattraper les Dornier.

-Travail artistique :
Ce dessin m’a demandé le meilleur de moi-même à l’époque, en vue d’une publication. J’en ai soigné tout le décor et particulièrement la représentation du Dornier, délaissant un peu le Morane, en arrière plan.
Certains pourront s’étonner de la peinture du Do 17, mais des documents d’alors font état, pour ces avions particuliers, d’un camouflage bleu-moyen dessus et bleu-ciel dessous, en vigueur durant la campagne de France.
Comme à l’époque, je commençais à bien maîtriser les dégradés de volumes, cela m’a permis de les soigner sur le Dornier et les suggérer sur le Morane.
Pour montrer la supériorité des Français, j’ai fait de gros trous dans le Do 17, ainsi que beaucoup de fumée qui s’en dégageait mais, contrairement à mes habitudes, j’ai réalisé une fumée moins noire en tentant d’aller vers plus de réalisme.
En revanche, j’en étais encore à montrer les filets de vitesse en blanc, habitude difficile à perdre !

En guise de bilan, si je me souviens avoir été très fier de mon travail, à l’époque, aujourd’hui je peux affirmer que cette série de dessins n’avait pas du tout le niveau requis, comme chaque artiste « normal » peut le constater. Les lacunes en connaissance artistique, même amateur, sont trop évidentes : manque de profondeur de champ (paysage sans lignes fuyantes, Morane), rivière au cours indéfinissable et pas « à plat » sur le sol, nuages au rendu nul (ils sont noyés dans le ciel et trop nets), détails beaucoup trop grossiers et marqués sur le Dornier et la représentation des hélices en mouvement qui sont à vomir, etc.
Plus tard, j’en posterai un ou deux autres de cette série qui ont bénéficié d’un peu plus de soins à la réalisation, comme la couverture du livre, par exemple.
Chacun des dessins de la série a bénéficié d’un savoir-faire et de sérieux… qui prêtent à sourire aujourd’hui. Mais à quelque étape que l’on soit, on pense toujours être au sommet de son art. Seul l’expérience et le temps qui passe permettent de relativiser tout cela, en calmant l’ego, presque toujours surdimensionné.

Pour conclure, heureusement que le livre n’a pas été publié (mon père n’a pas voulu faire les corrections minimes demandées par le comité de lecture des éditions Lafont) car la série de dessins aurait été la honte de ma vie ! A moins, par bonheur, qu’ils aient été refusés par l’éditeur…

JJ
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MessageSujet: Re: ANALYSE d'une PROGRESSION   Sam 16 Sep - 11:45



Bonjour à tous,

Le quinzième dessin que je propose est daté du 8 avril  1967, soit le 161° dessin enregistré. Poursuivant le travail du décor, j’ai opté pour cette scène de la Première Guerre très certainement inspirée par le film « Le crépuscule des Aigles », sorti quelques mois auparavant.

« Spad américain du 94 Aero squadron, victorieux d’un Albatross D5 »:

- la mise en scène:
- Cette disposition avait pour but de mettre en valeur la peinture très spéciale du Spad et il fallait choisir le meilleur angle montrant la décoration. L’ennemi devait, en conséquence, se trouver en arrière plan.

-Représentation du sujet:
- Globalement inspirée d’une couverture de boîte de maquette, le 3/4 avant, de dessus, permet de donner de l’énergie à cette scène tout en dévoilant la décoration spéciale. A l’époque, je venais de recevoir le Profile (publication anglaise) du SPAD et en fin de l’historique se trouvaient quelques photos de décorations les plus voyantes utilisées par au moins un escadron : le 94° Aero squadron. Une meilleure connaissance de l’anglais aurait pu me faire comprendre que ces couleurs avaient été appliquées après l’armistice, en 1919, alors que le 94° faisait partie de l’armée d’occupation. Ce qui expliquait ces couleurs très flamboyantes. Il n’y eut donc pas de victoires à cette époque-là.
Les Allemands étant tout aussi flamboyants, le rouge était choisi pour celui-ci.

-Travail artistique :
Ce dessin m’a demandé un gros travail sur le décor (si, si !), voulu. Les avions ne volant en général pas haut à cette époque, j’aurais pu apporter plus de détails dans les délimitations des champs, ajouter quelques routes, quelques maisons.
En revanche, cette fois, les cours d’eau étaient bien « posés » sur le paysage… mais les nuages, toujours aussi nuls ! Sans oublier le manque de travail sur la ligne d’horizon… dont on ne sait pas si c’est un prolongement du paysage ou un mauvais choix des teintes de ciel. Je penche plutôt pour cette dernière remarque.
Le Spad, manquant toutefois de détails, « tient à peu près la route » et j’ai tout de même détaillé les gouvernes actionnées pour un virage à gauche, laissant à penser que le Spad va virer puis piquer pour surveiller où va chuter l’Allemand. Le contre-jour ne choque pas trop : pas facile de le réaliser avec tous ces carreaux ! En revanche, j’en étais toujours à montrer les filets de vitesse en blanc, habitude TRÈS difficile à perdre !

En conclusion, j’étais très content de moi, à l’époque, au point d’en avoir réalisé d’autres, dont une petite poignée (en format environ 50x60, non répertoriés dans ma collection, malheureusement) qui m’avaient demandés encore plus de soin pour réaliser le décor. Je me souviens d’un Breguet 14 en combat avec des allemands. J’en ai fait cadeau à une personne que j’aimais bien et je ne sais pas ce qu’ils sont devenus.

JJ
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MessageSujet: Re: ANALYSE d'une PROGRESSION   Mer 20 Sep - 18:08



Bonjour à tous,

Le dix-septième dessin que je propose est daté du 15 octobre 1967, soit le 215° dessin enregistré. Pour celui-ci, c’est une première : en effet, il s’agit du premier de mes profils (un plan quatre-vues, en fait).

« Curtiss H-75C1 de Marin la Meslée, GC 1/5 1941-1942 »:

- la mise en scène:
La disposition de l’ensemble était une réplique de ce que faisaient les Anglais, publiés dans le magazine « Flying Review », autrefois parrainé par la RAF. Mon paternel, passionné d’aviation, s’était abonné à ce magazine (quasiment le seul existant de ce genre) depuis le milieu des années 50. Je passais mon temps à les lire et relire finissant alors par être à l’aise avec la langue de Shakespeare.

Au niveau des dessins, c’était très instructif pour ma part car, chaque mois, une histoire vécue y était également racontée, illustrée par un dessin en action comme savaient les faire les Anglais à cette époque. J’en avais d’ailleurs reproduit quelques-uns uns de temps à autre. Encore aujourd’hui, j’ai quelques projets « sous le coude », fortement inspirés de ces travaux.


Ci-dessus, une représentation d'un de ces fameux dessins que réalisait Hardy et qui m’impressionnaient beaucoup. Hardy deviendra d'ailleurs l'artiste attitré des boîtes de maquette Matchbox, son travail s'étant élevé à un très haut niveau à mon goût, à cette époque-là, tant dans le travail artistique que dans le travail technique.

Au niveau des profils, il s’agissait des planches dans le chapitre « maquettiste » créées par Endsleigh Castle, Richard Ward et John Weal, qui commençaient à utiliser l’aérographe dont je ne connaissais même pas l’existence ! Les plans trois-vues illustraient le chapitre « Histoire » qui revenait aussi à chaque numéro. La façon de représenter les silhouettes me plaisait bien en comparaison avec ceux de Jean Noël (devenu plus tard un bon ami), faits main à la même époque, publiés dans Aviation Magazine.

-Représentation du sujet:
- Les Britanniques avaient un style bien à eux, à l’époque, que je retrouvais dans quelques vieux « Flight » et dans « Flying Review ». En effet, toutes les lignes de structures ou presque, était soulignées d’un trait de lumière (blanc pour les avions métal), ce qui me plaisait bien à l’époque.

Le Curtiss montre donc les lignes de structures réalisées au stylo à bille noir, soulignées de la couleur de camouflage très éclaircie, tracées… à main levée.
En aparté, cela faisait un mois que j’avais débuté mon école de dessin industriel, à Bayonne et je commençais à introduire dans mon travail ce que j’apprenais avec beaucoup de passion. Ca ne faisait que commencer.

-Travail artistique :
- Lorsque je regarde ce travail, je constate que ce plan, bien qu’il soit réalisé sur une feuille 31x44 « ajustée » au plan, montre un profil qui totalise 14 centimètres de la queue à la pointe de l’ogive de l’hélice : c’est pas bien grand ! Le travail de détail n’en était que plus compliqué, mais comme c’était en parallèle pour le livre de mon paternel qui devait inclure des plans trois-vues de tous les chasseurs français de mai 1940, je m’y appliquais avec concentration.
Ce travail consistait essentiellement à soigner les couleurs plus que pour l’authenticité du plan. A cette époque-là, d’ailleurs, les dessinateurs de profil étaient mes idoles : je ne me suis aperçu que tardivement que leurs plans & profils étaient plus « beaux » que « justes ». Je dois avouer que cela a aussi été mon cas pendant les premières années de ma période « profils » : j’ai ensuite mis un point d’honneur à réaliser mes plans moi-même (merci mon CAP de dessinateur industriel) afin de garantir une justesse de tracés pour approcher au plus près des 100%. Par honnêteté pour les maquettistes surtout, population très exigeante.
Ce Curtiss, donc montre un schéma de camouflage extrapolé des peu de photos existantes de cet avion que Marin la Meslée a conservé pendant près de deux ans, en changeant le « 2 » (commandant adjoint de la 1ère escadrille) pour le « 1 » en décembre 1941 après avoir été officiellement nommé à la tête de la 1ère escadrille, qu’il commandait par intérim depuis début juin 1940.
Chaque teinte de camouflage a été éclaircie ou assombrie selon sa position sur le Curtiss, pour mettre en valeur le volume. Les fondus entre teintes, vu l’échelle du dessin, ont été réduits à leur strict minimum. La plupart des lignes de structure ont été soulignées par un fin trait de lumière, à main levée, les parties mobiles ayant été plus marquées à ce niveau-là.
Les différents marquages ont été réalisés à main levée (plus pour longtemps, d’ailleurs) sur un tracé au crayon (compas, règle etc.), ce qui amène quelques imprécisions de peinture. Les inscriptions dans le drapeau tricolore du gouvernail ont été réalisées à la plume avec encre de chine : pourquoi se compliquer la vie quand on peut faire simple !
Une dernière chose: la vue de face est extrêment légère, même pas au niveau du reste. J'ai oublié e travailler le moyeu d'hélice!

En conclusion, pour un premier profil, je pensais ne pas m’en être trop mal tiré à l’époque, compte tenu de la grandeur des silhouettes ! D’ailleurs, le profil du bas avait été découpé et envoyé à Michel Marrand en 1971 (rédacteur en chef du « Fana de l’aviation » à l’époque) comme en témoigne l’annotation manuscrite. La réponse, bien que positive (en résumé « couleurs OK mais précision du plan à travailler ») m’avait vexé car je me croyais « le meilleur du monde » à ce moment-là. Objectivement, il faut reconnaître que le travail n’était pas au niveau pour une publication et qu’effectivement, il fallait travailler… encore beaucoup !
Toutefois, ça m’avait donné un coup de fouet et je m’étais promis d’être publiable dans les 5 ans. Je l’ai été en décembre 1974 après quelques années de travail acharné.

JJ
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MessageSujet: Re: ANALYSE d'une PROGRESSION   Jeu 21 Sep - 20:56

C'est long, mon Dieu que c'est long...
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Vincent
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MessageSujet: Re: ANALYSE d'une PROGRESSION   Ven 22 Sep - 9:17

On dit toujours que plus c'est long, plus c'est bon...
je me régale de ce retour critique. Il y a beaucoup à apprendre.

V.

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jean-jacques petit
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MessageSujet: Re: ANALYSE d'une PROGRESSION   Dim 24 Sep - 12:20



Bonjour à tous,

Les réflexions des membres ci-dessus m'ont fait penser à celle du capitaine Haddock, je crois bien, dans "Tintin au pays de l'or noir":
"Les chiens aboient, la caravane passe".
Et cette caravane est... longue, mon dieu qu'elle est longue!
J'en conviens, mais j'ai 68 ans et je viens de terminer mon 813° tableau, partie des 5 813 dessins enregistrés depuis octobre 1973, ceux "d'avant" n'étant pas comptabilisés dans mon registre.

Le dix-huitième dessin que je propose est daté de fin 1967, la date étant inconnue pour cause d’oubli de l’avoir notée! Comme je l’avais mentionné auparavant, il s’agit d’une des couvertures réalisées pour le bouquin de mon père, la meilleure à mon goût de l’époque, du haut de mes 18 ans et après 210-220 dessins réalisés et enregistrés.

« ciel de gloire et de sang »:

- la mise en scène:
Je me suis inspiré d’un des dessins de mon paternel (posté en vis-à-vis, qu’il a réalisé quelques semaines après avoir fêté ses 34 ans), la représentation me semblant adéquate pour une couverture. La mise en scène, fortement chauvine, représente une victoire « à la française », c’est à dire que le pilote est épargné : de la chevalerie, quoi !
La disposition des avions tenait compte du nom de l’auteur, du titre et du logo de l’éditeur (en bas). Comme j’ai illustré, depuis, quelques couvertures de magazines, livres et boîtes de maquettes (pas de DVD à ma connaissance), cette mise en scène a été gravée dans mon esprit et s’impose toujours automatiquement à moi, encore aujourd’hui, avec des variantes, bien entendu.
En effet, créer un tableau est unique car il s’agit de donner corps à une vue de l’esprit, à une scène imaginée même si elle s’est réellement déroulée. Créer une couverture demande un exercice particulier qui doit tenir compte de contraintes de l’éditeur, n’ayant pas toujours grand’ chose à voir avec de l’art pur. D’ailleurs, lorsqu’un vrai tableau est utilisé comme couverture, il est souvent tronqué en fonction des impératifs décrits plus haut.

-Représentation du sujet:
La représentation s’est voulue aérée cette fois-ci car les autres couvertures montraient les avions en gros plan et risquaient donc d’être masqués par les « impératifs » de l’éditeur.
Si l’ensemble, aujourd’hui, reste acceptable, je constate toutefois que les filets blancs signifiant la vitesse ont la peau dure ! Les autres bémols sont :
- les lignes de structure trop grossières comme d’habitude
- la fumée d’échappement du Morane trop marquée (les moteurs français ne fumaient pas)
- la fumée des mitrailleuses représentée façon « BD » (avec des hachures)
- manque de transparence de la cabine
- les trous dans le Me 109 trop fortement marqués. En effet, si je me souviens bien, les munitions du MS 406 sont du 7,7 (quasiment le fusil M16 américain) et seul le canon tire du 20 mm, et encore, à une cadence assez faible ce qui ne donne pas trop de trous si groupés, compte tenu de la dispersion et du peu de pilotes « tireurs d’élite ». Mais à l’époque, tout ça m’échappait un peu.
- le camouflage bleu de Me 109 est sorti de je ne sais où, probablement d’un profil anglais de l’époque… les dessinateurs anglais étant, dans ces années-là, assez approximatifs au niveau des camouflages, même concernant leurs avions ! Curieusement, depuis le film « Mission 633 » (septembre 1964) puis « La Bataille d’Angleterre » quelques années plus tard où tous les Spitfire, Hurricane, He 111 et Me 109 survivants ont été remis en ordre de vol opérationnel, les camouflages des avions « vintage », comme on dit, sont extrêmement soignés… sauf exception !
On sait aujourd’hui que les camouflages allemands étaient à base de vert-de-gris, avec une légère teinte mauve. Comme les uniformes, même si les puristes ne sont pas d’accord.
- la représentation des hélices tournantes est à vomir : trop marquées et, surtout, pas dans l’axe longitudinal des avions ! A l’époque, je me sentais suffisamment bon pour faire les ellipses à main levée, sans les tracer légèrement au crayon afin de bien mettre la représentation de pales DANS l’ellipse. On voit ce que donne la confiance en soi.
Les bonnes choses, rares, sont :
- la représentation de la couche nuageuse (c’est certainement mieux que ce que je faisais auparavant !)
- le feu moteur et la fumée s’en dégageant : j’ai visiblement rectifié le tir avec bonheur en comparaison avec les représentations précédentes.
- le dégradé des « ombres & lumières » commence à être bien maîtrisé. La méthode était simple et rapide : peinture du camouflage « à plat », style BD. Une fois la peinture TRÈS sèche, passage d’une solution liquide teintée de blanc (ou noire, selon les besoins), l’eau en excès étant « pompée » par un pinceau sec, ce dernier étant simultanément tenu en main. En effet, il ne fallait pas chômer car la gouache se ramollissait à vitesse grand « V » ! Parfois, sur des formats un peu plus grands, il m’est arrivé d’avoir trois pinceaux en main : solution claire, solution foncée et le pinceau sec… sans oublier le chiffon pour sécher le « pinceau buveur ». Où se niche le travail artistique, parfois…

En conclusion, si l’ensemble me convient toujours aujourd’hui, il est certain que l’expérience acquise à ce jour m’éviterait de commettre tous les bémols cités.

JJ
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MessageSujet: Re: ANALYSE d'une PROGRESSION   Jeu 28 Sep - 19:34



Bonjour à tous,

Le dix-neuvième dessin que je propose est daté du 26 octobre 1967. L’idée de ce dessin est venue d’une concentration d’évènements : le premier, une patrouille d’Étendard IVM venue survoler l’aérodrome de Biarritz-Parme où je passais quelques demi-journées lors des campos scolaires du jeudi après-midi (aujourd’hui, c’est le mercredi), la publication dans TAM de belles photos d’Étendard IVP sur porte-avions et, surtout, du frère d’un camarade de classe qui était devenu pilote d’Étendard à la 11F. Peut-être aussi le film d’Yves Capi, « le Ciel sur la tête », que j’ai vu quelques mois auparavant. D’ailleurs, lorsque j’ai assisté à la projection du film « Nimitz, retour vers l’enfer », je me suis dit que les Américains avaient dû plagier notre film… d’une certaine manière.

« Étendard IVP de la 16F »:

- la mise en scène:
Pour un jet, le 3/4 arrière reste une des meilleures positions pour un dessin, mettant en valeur la tuyère pour l’énergie que l’on peut transcrire. Après, on peut choisir légèrement dessus ou dessous selon les goûts. Ici, j’ai choisi le dessous, ce qui permettait de valoriser le nez particulier de cet avion et le pod caméra ventral (il manque d’ailleurs des fenêtres dessous) : avec les charges emportées à l’intrados, ça n’est pas la vue la plus facile.

-Représentation du sujet:
J’ai voulu tout d’abord mettre l’énergie en valeur avec un contraste entre le décor et l’avion. Ensuite, pour me défaire des « fameux » filets d’air blancs que je peignais habituellement, je me suis contraint à trouver une autre option pour signifier la vitesse.

-travail artistique:

Pour quasiment la première fois, j’ai peint le décor en entier en dégradé, ciel oblige. Pas de nuages car je me rendais bien compte que si j’en mettais, je fichais tout par terre (j’opterai souvent pour cette solution à l’avenir !)
J’ai bien travaillé les ombres et lumières sur la cellule de l’avion, la teinte unie y aidant parfaitement. Toutefois, la méthode de la « solution noire » pour réaliser le dessous ombré a atteint ses limites ici : les ombres auraient méritées un dégradé travaillé comme je l’ai fait pour les parties supérieures de l’avion. En raison de quoi, les contrastes auraient été moins violents qu’ils ne sont ici.
La luminosité de l’intrados type « coucher de soleil » est bien vue et met une certaine vie à l’ensemble mais là aussi, un dégradé aurait montré des contrastes moins violents.
Encore une fois, je n’ai pas assez travaillé la transparence de la cabine car, si le siège et le tableau de bord sont bien visibles, le pilote est, lui, aux abonnés absents, effacé par la teinte cabine ! Mais le point de lumière sur le haut de la verrière apporte un peu de vie, d’autant qu’il a été bien travaillé. On notera aussi le manque de lumière sur la cocarde, ce qui est bien dommage.
La flamme rougeoyante de la tuyère, si elle ajoute de la vie à l’ensemble, n’a pas la couleur « lampe-à-souder » bleue. Je ne prendrais vraiment conscience de ça que lorsque, contrôleur de trafic aérien, j’assisterai aux décollages de nuit, avec les flammes bleues de la PC des chasseurs. Celles-ci se « cassant » au contact de la piste pour filer ensuite dessus. Sacré spectacle !
Et, finalement, pour m’affranchir des filets de vitesse en blanc qui ne me convenaient décidément pas, j’ai réalisé les effets de vitesse avec un pinceau bien humide sur le décor, la gouache étant parfaite pour cela. L’effet est bien meilleur et je l’avais déjà testé auparavant sur un dessin avec un Me 262 (que je trouvais particulièrement réussi) : donc, j’ai adopté la méthode.
Pour terminer, une fois encore, j’ai trop marqué les lignes de structure, ce qui deviendra un défaut récurrent pour les nombreuses années (et dessins) à venir : ici, on ne sait plus où sont les parties mobiles et celles qui ne le sont pas, malheureusement. C’est le côté dessinateur industriel qui s’invite dans le travail artistique : ils doivent évidemment cohabiter, mais chacun avec un dosage approprié de manière à ne pas se polluer l’un-l’autre.

En conclusion, l’ensemble est toujours séduisant mais la qualité de travail n’est pas encore au niveau. Je reproduirai plusieurs fois cette mise en scène, qui reste excellente pour ma part, mais avec plus de maîtrise bien évidemment ! L’expérience va aider…

JJ
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MessageSujet: Re: ANALYSE d'une PROGRESSION   Mer 4 Oct - 12:43



Bonjour à tous,

Le vingtième dessin que je propose est daté de 1969 mais dont je n’ai pas noté la date exacte, malheureusement. L’idée de ce dessin m ‘est venue après avoir vu un Mirage IIIRD survoler la ville de Bayonne vers le printemps de cette année-là: c’était un avion camouflé, donc guerrier et j’en ai été très ému car les autres Mirage, à l’époque étaient « métal » aux 13° EC, 4° EC et aux 2°, 5° et 10° EC ainsi qu’ils venaient en révision à l’usine Breguet-Dassault de Biarritz-Parme.
1969 était une année un peu secouée pour moi car je suivais les cours de préparation militaire le dimanche matin (à l’aérodrome de Parme, justement), la semaine étant remplie par les entraînements judo, football et la fréquentation de ma fiancée. C’était aussi ma dernière année de dessin industriel qui devait se clôturer par le CAP, en juin. Bref, lorsque je dessinais, je ne pensais pas toujours à noter les dates des dessins!

« Mirage IIIRD, plan de camouflage »:

- la mise en scène:
La mise en scène est des plus classiques pour un plan de camouflage, très fortement inspirée de ce que faisaient les Britanniques dont j’ai cité les noms auparavant. Ce plan a été réalisé dans le but de peindre une maquette dans l’avenir. Les seules existantes à l’époque étaient le Mirage IIIC de Heller (1/50), un Mirage IIIR Heller (1/50) difficile à trouver, mais on pouvait s’en passer car c’était un Mirage IIIC… avec nez reco ! Et il y avait le Mirage IIIC d’Airfix, au 1/72° qui demandait à être bien modifié.

-Représentation du sujet:
La représentation a été réalisée sur une feuille de dessin extraite des cahiers d’écolier Cançon que j’utilisais habituellement. J’ai dû faire rentrer les vues dans ce format : 93 mm d’envergure pour les vues de dessus et dessous, 170 mm hors pitot pour les vues de profils. C’est dire si ça n’était pas très grand ! Mais à l’époque, je croyais que les dessinateurs réalisaient les planches à la même échelle que celle publiée… Naïveté, quand tu nous tient. D’un autre côté, dès cette époque, j’ai été amené à travailler avec le plus d’attention et de précision possible.

-travail artistique:

J’était déjà bien rôdé avec quelques planches de profils réalisées (toujours pour des maquettes), totalisant à l’époque 13 F-104, 12 Super-Mystère, 14 F-86 Sabre, 8 Crusader, 13 F-5/ T-38, 6 Voodoo. Je me suis éclaté sur ce plan d’autant que j’avais décidé de m’engager dans l’Armée de l’Air pour être pilote de Mirage IIIR. Bon, j’ai fini par être contrôleur de trafic aérien, n’ayant pas le niveau BAC pour un engagement direct Salon de Provence. Mais je n’ai rien regretté, au final, car je n’aurais pas pu faire tout ce que j’ai fait ensuite. Le destin.
Sur ce travail, j’ai soigné les dégradés. Le rendu du camouflage n’a pas été facile car sur les Mirage, à l’époque, les teintes étaient délimitées avec netteté avant de devenir floues qu’une dizaine d’années plus tard. J’ai fait une erreur concernant la couleur de dessous qui aurait dû être aluminium mat (mélange de peinture « gris-bleuté, donc). Cette fois-ci, j’ai utilisé la gouache en mélange moins fluide qu’habituellement, permettant une seule couche de peinture, la gouache couvrant bien. Cela permettait de sécher assez vite et de passer l’autre couleur de camouflage (le vert) sans immédiatement se mélanger à la précédente (le gris). Déjà, la vitesse d’exécution devenait un critère de mon travail.
Pour les teintes, je m’étais inspiré d’une photo couleur de RF-84F parue sur un magazine Tintin, comprenant un reportage sur la 33 ER. Je n’allais voir un Mirage IIIR à Parme que peu après. Trop tard donc.
Les lettrages sont des lettres autocollantes type « Letraset », mais je ne me souviens plus de la marque. J’ai évidé les « 3 » à la main… en essayant de ne pas trembler !
J’ai suivi le conseil de mon prof de dessin en réalisant tous les traits au tire-ligne, en adaptant la couleur au camouflage afin de rester « dans le ton ». Dans le même esprit, les cocardes ont été également réalisées au compas tire-ligne pour avoir des cercles parfaits, l’entre-cercles de même couleur étant rempli au pinceau : blanc, jaune, puis rouge et bleu-ciel enfin.

En conclusion, j’avoue qu’aujourd’hui, lorsque je regarde ce travail, je n’en rougis pas car déjà le niveau n’était pas mauvais pour un garçon de 20 ans et l’ensemble tenait la route. Il me fallait améliorer le coup de main, l’emploi des couleurs et travailler sérieusement la transparence des parties vitrées. Je devais également fournir un effort sur la correspondance des ombres et lumières des différentes teintes car, ici, ça pêche vraiment par endroit, voire complètement loupées à d’autres.
La rigueur du tracé n’est également pas toujours au rendez-vous. Mauvais point pour ces deux dernières remarques.
L’expérience allait me faire évoluer dans le bon sens… peut-être trop d’ailleurs, car j’aurai beaucoup de mal, ensuite, à peindre des scènes d’action, étant trop « formaté » sur les profils. Je me ferai violence pour avoir indifféremment un style « profil » et un style « peintre de situations » et ça n’est qu’une vingtaine d’années plus tard que je peindrai, dans la même journée, avec autant d’aisance profils et situations artistiques, avec chacun des travaux dans son style propre.

JJ
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jean-jacques petit
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MessageSujet: Re: ANALYSE d'une PROGRESSION   Sam 7 Oct - 12:28



Bonjour à tous,

Le vingt-et-unième dessin que je propose est daté du 18 avril 1970, noté comme 289° dessin réalisé. Cela faisait sept mois que je m’étais engagé dans l’armée de l’Air et j’attendais, à Nîmes Courbessac, mon stage de contrôleur. J’avais fini mon apprentissage de « soldat militaire » en décembre et je ne devais partir en école qu’en juillet suivant. Pour tromper le temps et sur les conseils de mon ancien instructeur, je faisais du saut en parachute le matin (lorsque le mistral ne soufflait pas trop) et je passais mes journées comme bricoleur-en-chef dans le bâtiment où logeait la 2° Brigade. J’avais du temps de libre et je m’étais remis un peu à la maquette ainsi qu’à la peinture & dessins.

« lockheed P2V-6 Neptune »:

- la mise en scène:
Me souvenant avoir vu quelques années plus tôt un Neptune bleu, haut dans le ciel, puis d’autres, gris, à Biarritz, j’étais tombé sous le charme de gros avion guerrier, néanmoins très élégant.
J’avais imaginé un survol de bateau en Méditerranée pendant la guerre d’Algérie, que je voulais retranscrire sur papier depuis quelques années. La proximité de la base de Nîmes-Garons, à un jet de pierre, ravivait ma mémoire, d’autant que cette dernière avait abrité les dernier P2V-6 stationnés en métropole.

-Représentation du sujet:
j’ai réalisé ce Neptune sur une feuille de dessin Cançon vendu en pochette, 150 grammes ou moins. Je m’étais procuré le matériel en ville, en pensant ne l’utiliser que pour une courte durée.
J’ai positionné le Neptune et le bateau comme je les avais imaginés et, au final, ça me plaisait bien.

-travail artistique:

Sur le plan artistique, beaucoup de choses à dire. Tout d’abord, les tons bleu sur bleu : je n’ai pas assez nuancé, surtout parce que je ne voulais pas nuire à l’ambiance. Je suis retrouvé coincé en ne représentant la mer trop bleue alors que j’aurais pu la travailler avec diverses nuances, notamment à base de gris-bleu et vert-bouteille. J’en étais encore à la mer bleue et le ciel bleu. L’avantage d’avoir suivi des cours de peinture… ou pas, comme moi.
Le fond marin m’a donné le moins de mal au regard du travail général. J’ai utilisé du bleu marine dédié au Neptune, mélangé à du vert émeraude, parfait pour représenter l’eau, avec des parties nuancées comportant soit plus de bleu, soit plus de vert. La hauteur moyenne de vol ne permet pas de distinguer les vagues, ce qui était parfait pour moi, ne connaissant rien à la représentation de l’eau (je n’ai guère évolué aujourd’hui).
Sur cette surface marine, j’ai posé ce qui ressemble à un bateau, en regardant vite. Les ombres et lumières permettent de donner le change en laissant croire à des super structures. Ensuite, je me suis attaqué au sillage. Là, je me suis un peu planté en n’utilisant que du blanc (passé avec un pinceau presque sec) au lieu d’utiliser de multiples nuances pour représenter le bouillonnement créé par les hélices. C’est dommage car c’était à ce niveau-là que je pouvais donner un peu de vie à ce bateau. A ce niveau, j’ai aujourd’hui amélioré mon travail, heureusement.
Ensuite, j’ai rapporté l’avion sur le fond. En effet, lorsque je travaille des sujets multiples comme celui-ci, je peins d’abord le fond complètement, histoire d’avoir la satisfaction du travail terminé avant de passer au reste. Pour moi, à chaque fin d’étape, le dessin doit être considéré comme terminé… sauf les mises au point, bien sûr. Parfois, les couleurs, la façon dont j’ai représenté le décor m’amènent parfois à changer légèrement la disposition des sujets principaux afin de les mettre mieux en valeur.
Sur ce travail, ma grosse difficulté a été de détacher l’avion du fond marin et j’ai opté pour le tire-ligne, mon instrument miracle. L’erreur a été de trop contraster les couleurs de délimitation alors que j’aurais dû mettre un soin très particulier pour cette tâche. J’ai été tellement concentré sur ce point que j’en ai oublié de réaliser l’ombre de la dérive sur le plan fixe du P2V-6 !
Les parties vitrées ont été réalisées comme à mon habitude, malheureusement, alors que j’aurais pu travailler la transparence.
Le bon point a été les dégradés de lumière montrant les volumes divers : là, visiblement, je commençais à bien maîtriser l’onctuosité de la gouache pour avoir le temps de travailler avant qu’elle ne se solidifie peu à peu. Je devais avoir trois pinceaux en main, comme par le passé : un humide, un bleu clair et un bleu marine. La rapidité d’exécution des « ondulations de peinture » (passage des teintes en zigzags à faible amplitudes) en les mélangeant peu à peu, faisait son œuvre avec bonheur.

La plupart des effets de vitesse ont été réalisés… en passant une lame de rasoir sur la peinture sèche, d’autres au pinceau à peine humide. Le tout est de se mettre en position pour que les traits soient bien parallèles, car une fois que c’est fait… on peut difficilement revenir dessus !

En conclusion, Si l’ensemble me plaît toujours en dépit des imperfections citées plus haut, j’ai reproduit quelques fois cette situation, avec des variantes bien sûr mais surtout pour la situation particulière de l’action. Je n’ai jamais trop aimé représenter les choses aéronautiques de manière standard : soleil en haut, terre en bas etc. J’aime bien quand c’est cul-par-dessus-tête ! Et certaines personnes en sont d’ailleurs un peu déroutées. Mais en vol, la lumière bouge et fait naître des images assez intéressantes.

JJ
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MessageSujet: Re: ANALYSE d'une PROGRESSION   Mer 11 Oct - 18:02



Bonjour à tous,

Les vingt-deuxième et vingt-troisième dessins que je propose ont été réalisés en 1970 (28 novembre pour le nu complet): j'avais 21 ans. Comme certains membres, sur ce forum, postent autre chose que des avions, j’en profite aussi. Les voitures, bateaux et autres viendront plus tard…

Pour meubler le temps, à l’ENAC (Toulouse), je crayonnais de temps à autre, hors cours. Certainement le manque d’élément féminin (celui-ci est arrivé en masse dans l’armée de l’Air qu’à partir de 1975-1976, si je me souviens bien) me faisait rêver à la femme idéale et le dessin me permettait de lui donner forme.

Le nu a été réalisé au stylo à bille, en jouant avec son encre grasse et l’appui plus ou moins fort du stylo: celui-ci était une couverture papier cartonné pastel vert d’un ouvrage édité par l’école. Du consommable.
N’ayant évidemment pas de modèle, je l’ai dessiné de tête, en moins d’une heure je crois. Comme le résultat me convenait, je l’ai conservé alors que je me débarrassais souvent des autres moins « finis ». La seule remarque qui me vient à l’esprit est d’avoir dessiné les cheveux un peu trop « sages ». Mais les filles de l’époque étaient globalement plus soignées, dans leur allure, qu’actuellement.

Le portrait a été réalisé dans le même esprit, celui de donner corps à la femme idéale, mais au crayon cette fois. Mon intention, au départ, n’était pas de travailler les ombres, mais seulement et simplement représenter visage.
Même remarque que précédemment : les filles de l’époque avaient une allure plus féminine qu’aujourd’hui et la fleur ajoute au romantisme… en étant un clin d’œil à la vague hippie du moment: « le pouvoir avec les fleurs » ! C’était l’époque des « trente glorieuses » et la notre n’est pas comparable, à plusieurs titres.

En conclusion, je ne regrette pas d’avoir conservé ces dessins même si j’ai rencontré mon épouse quelques mois plus tard : elle ne correspondait pas trop à ces esquisses graphiques tout en étant ressemblante car elles sont représentatives d’une époque et d’un idéal qui s’y attachait. Je ne sais pas s’il existe un idéal féminin aujourd’hui, pour les jeunes hommes… mais la représentation des femmes « qui font rêver », médiatiquement parlant,  est un peu… surprenante à mon goût : hyper maquillées, talons hauts et tenue sexy de rigueur, tout cela comme un uniforme. Je ne parle pas des implants de plus en plus nombreux. On pourrait en faire un sujet de philo : quelle est la différence entre le charme et le « sexy », mais ça n’est pas le lieu pour cela.

JJ
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MessageSujet: Re: ANALYSE d'une PROGRESSION   Mer 11 Oct - 20:02

EDIT : J'efface ce message qui ne sert au fond qu'à polémiquer alors que chacun à mieux à faire. Je vais dorénavant m'efforcer de tenir ma langue. Toutes mes excuses.


Dernière édition par Jü le Jeu 12 Oct - 15:44, édité 2 fois
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MessageSujet: Re: ANALYSE d'une PROGRESSION   Jeu 12 Oct - 13:27

Nous sommes pas là pour parler de la féminité mais des avions.
Aussi , je comprend ce qui écrit jean Jacques , c'était une époque que j'ai bien connue et je suis d'accord avec ses propos.

Entre parenthèse, ne parlons pas de David Hamilton... shocked

Le but de Jean Jacques, c'est de montrer l'évolution de ses images à travers le temps.

Continuons donc de suivre son travail.
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MessageSujet: Re: ANALYSE d'une PROGRESSION   Jeu 12 Oct - 16:13

On m'avait pourtant bien prévenu de ne pas prendre de décision importante hier en sortant d'une anesthésie générale lol

Message effacé et excuses réitérées, je tâcherai à l'avenir de la boucler.
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MessageSujet: Re: ANALYSE d'une PROGRESSION   Jeu 12 Oct - 21:34

Comme la cavalerie dans les bons Western, j'arrive après les hostilités.
Ravi de voir que vous avez réussi quand même à décanter un minimum la situation (cf l'édit de Jü sur son message).
Je rappelle cependant que tout les sujets ne peuvent pas plaire à tout le monde, donc si vous n'aimez pas telle ou telle chose, ne vous y attardez pas.

Jean-Jacques Petit, je suis conscient de la volonté de vouloir montrer une certaine évolution dans tes oeuvres, AI est cependant un forum de dessin en rapport avec l'aviation, et non un forum de dessins en général. Je ne remet pas là en cause la qualité de tes analyses pertinentes, ni en question la qualité de tes oeuvres, mais je pense utile de faire un petit rappel sur le sujet principal, à savoir les avions.
Le forum "De tout et de rien" est justement là pour permettre de partager des oeuvres qui sortiraient du cadre de l'aviation.

Je trouverais dommage que l'on commence à s'égarer et un peu tout mélanger, au risque de perdre l'ADN d'Aviation illustrée, qui en fait son charme.

Bonne soirée,
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