SUITE DE PLUS HAUTPendant ce temps……
Après avoir signé trois traites, une à vue, une à longue vue et la dernière à perte de vue, pour participer aux frais d’entretien du Whale de dépannage (le kérosène, rappelons le, est gratuit), Lady Z s’est déconnectée du KA-3B puis, tout en remerciant Ali Quante de lui avoir enlevé une sacrée épine du pied, elle a viré au 145 et a mis le cap sur l’Ile de Beauté.

Au bout d’une heure et demie de vol au raz des vagues pour échapper aux radars du Nimitz dont elle sait qu’il rapplique à toute vitesse, Lady Z aperçoit enfin la côte corse. Voulant profiter du spectacle qui s’offre à elle, elle reprend de l‘altitude pour admirer le paysage.
Rompant le silence radio pour la seconde fois depuis le début de cette aventure, elle appelle son correspondant en utilisant un indicatif très couleur locale pour ne pas se faire repérer. « Marinella, Marinella de Catarinetta Bella ». A l’écoute depuis le début de cette affaire, son interlocuteur, un retraité d’origine hispanique, lui répond immédiatement sur un ton « pince » sans rire : « Catarinetta, chi, chi, yé vous réçoit 5/5 ».

Le contact établi, elle enchaîne « Catharinetta Bella de Marinella veuillez m’indiquer les coordonnées de mon lieu de destination ». « Chi, chi, tout dé chuite » lui répond-t-il. Et à partir de là, Marinella indique façon « carte routière » à Catarinetta Bella la route à suivre pour trouver la piste où elle devra se poser, en lui recommandant de bien faire attention de ne pas se perdre en suivant les chemins de chèvres.
Le lieu ainsi indiqué est situé dans la montagne Corse, en plein maquis, sur un plateau difficile d’accès où l’organisation a fait construire une piste en dur pour y faire atterrir les charters lowcoast pleins de petits vieux qui viennent passer quelques jours de vacances sur l’île.
Si cette piste est construite en pleine montagne, dans un lieu si retiré, c’est pour éviter les dégâts collatéraux que proyoqueraient une coutume dont rafolent les autochtones qui consiste à faire exploser des bouteilles de gaz pour montrer la joie qui est la leur d’accueillir sur leur terre tous ces touristes fortunés du troisième âge venus des quatre coins du monde.
Ayant repéré et identifié la piste Lady Z se présente face au vent et pose son Intruder les deux doigts dans le nez.

A peine est-elle descendu de l’avion qu’une équipe de peintres s’empare du A-6 et commence à le repeindre de couleur maquis pour que sa silhouette s’intègre mieux dans l’environnement. Une belle action positive à porter à l’actif de l’organisation qui soutient et finance un mouvement écologique le «Grain Piss ».
Entourée de quatre costauds garde du corps, Doo May, la représentante locale de l’organisation, d’origine britannique, lui offre une figue et un fromage de brebis en signe de bienvenue. Remarquant que Doo May n’a pas l’attaché case qu’elle doit lui remettre en échange de la livraison du A-6, Lady Z, présent que quelque chose cloche et ne lui remet pas les clefs ni les papiers de l’appareil.
Diplomate, Lady Z, en imitant un célèbre humoriste, demande alors à Doo May « Tiens, heuuuu, et vous avez oublié mon attaché caaaaaiize ? » Sans se démonter Doo May lui répond du tac au tac et sur le même ton «L’attaché caaaaaaiiiize ? Ben non, heuuuuuuu, je ne l’ai pas pris ».
« Et pourquoi vous n’avez pas pris mon attaché caaaaiiiiise » lui rétorque Lady Z un peu contrariée.
« Parce que, n’ayant pas trouver un pilote d’Intruder pour vous remplacer, l’organisation s’est vue dans l’obligation d’ajouter un avenant à votre contrat. » lui répond Doo May en esquissant un petit sourire moqueur.
« Et que stipule cet avenant » demande calmement Lady Z qui se retient pour ne pas emplâtrer Doo May
« Ben, heuuuu, cet avenant stipule que vous devez continuer à piloter l’Intruder si vous voulez percevoir votre prime. Et qu’en cas d’acceptation de votre part, celle-ci serait bien évidemment doublée » lui répond Doo May d’un air détaché en se regardant les ongles de la main.

En raison de la présence des quatre costauds qui accompagnent Doo May, Lady Z, qui a l'impression de s'être fait berner, accepte la proposition en se promettant que dés que l’occasion se présenterait, elle n’hésiterait pas à prendre le large avec son Intruder.
A SUIVRE